Trois affaires ont éclaté hier, au lendemain d'un rappel à l'ordre du Président contre les séquestrations de patrons. Chez le fabricant britannique d'adhésifs Scapa, quatre cadres, trois Anglo-Saxons et un Français, ont été retenus hier dans une usine menacée de fermeture à Bellegarde-sur-Valserine (Ain). A Clermont-Ferrand, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a vu sa permanence de conseiller régional envahie par des décolleteurs de Dapta Technologies jusqu'à obtention d'un rendez-vous. Et les salariés isérois du constructeur d'engins Caterpillar ont refusé un rendez-vous proposé par Sarkozy. « On n'accepte pas de passer pour des voyous. Il n'a qu'à venir ici », a déclaré la CGT à l'issue d'un vote unanime. Les deux sites grenoblois, où quatre cadres ont été séquestrés 24 heures la semaine dernière, étaient fermés pour « raisons de sécurité ».
Selon des spécialistes des mouvements sociaux, cette radicalisation reste minoritaire. Mais les négociations peuvent mal tourner lorsque pleuvent les plans de chômage partiel, les restructurations et les licenciements. Les salariés de Scapa espèrent arracher des indemnités supérieures, comme ceux de Caterpillar et de Sony. Chez Rhodia, le bras de fer se poursuit sans débordements, la direction ayant renoncé à geler les salaires. Désormais, une interrogation plane sur les 2 600 ouvriers d'ArcelorMittal à Florange (Moselle), dont un millier sera mis au chômage partiel « au moins jusqu'en septembre », selon la CGT. ■