SOMMET - C'est Christine Lagarde qui l'a expliqué sur la BBC...
Un petit coup de pression avant
un sommet international, c’est de bonne guerre. «Le président Sarkozy a été très clair sur ce plan, il dit ‘‘si les résultats escomptés ne sont pas là, je ne signerai pas le communiqué’’», a ainsi confié à la BBC la ministre de l’Economie, Christine Lagarde,
dans son plus bel anglais. «Cela signifie quitter le sommet, je crois qu'il est très déterminé», a-t-elle ajouté lors de l'émission télévisée HardTalk.
Lors d'un déplacement à Châtellerault (Vienne), Sarkozy, fustigeant «les forces du conservatisme», a rappelé en passant que la crise économique et financière était «trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien. Il faut qu'on obtienne des résultats, il n'y a pas de choix». Il a ainsi expliqué la semaine dernière: «Je ne m'associerai pas à un sommet mondial qui déciderait de ne rien décider».
The Clash?
«Le Figaro» avait prévenu ce mardi matin: le président français serait prêt à un «clash» jeudi, si les progrès ne correspondaient pas à ses attentes. «Si ça n'avance pas à Londres, ce sera la chaise vide! Je me lèverai et je partirai», a affirmé Sarkozy, selon le quotidien. Ce qu'il devrait répéter ce mercredi matin sur Europe 1. La chaise vide, voilà Sarkozy qui
entreprend d’imiter De Gaulle.
Derrière l’effet d’annonce, il reste quand même quelques raisons valables pour pousser le chef de l’Etat à ne pas tout plaquer. Christine Lagarde a ainsi souligné que les leaders du G20 étaient sur la même longueur d’onde sur bien des points. Et notamment les paradis fiscaux, qui n’ont jamais été autant décriés. «Je suis absolument déterminée, et le président Sarkozy l'a dit haut et fort, à ce que nos arrivions à éradiquer les paradis fiscaux».
Selon l'Elysée, le président s'est fixé des «marqueurs», sorte de minimum vital qu'il veut voir le G20 adopter: changement des normes comptables et prudentielles, encadrement de la rémunération des «traders» avec possibilité de punir «ceux qui vont trop loin», enregistrement et surveillance des fonds spéculatifs, publication de listes de paradis fiscaux et des sanctions à leur appliquer.
Avec agence
L'inertie du sommet de novembre.- Au lieu du nouveau «Bretton Woods» qu'il appelait de ses voeux, le premier sommet du G20 à Washington en novembre 2008 n'a accouché que de déclarations d'intention sur la nécessité de relancer l'économie et mieux contrôler les marchés financiers. «Le risque, ce n'est pas tant l'échec qu'un faux succès, un accord sur des phrases qui sonnent bien, mais n'engagent pas réellement», a mis en garde un des proches de Sarkozy, selon qui «on risquerait une déception bien pire qu'avec un échec».