POLEMIQUE - La banque est accusée d'avoir récompensé ses traders, alors que ses pertes sont immenses...
Natixis se défend.
Accusée d'avoir versé un mega-bonus à ses traders, malgré de fortes pertes et la supression de 166 emplois, la direction de la banque a tenu à rétablir la vérité ce vendredi matin.
Ce ne sont donc pas 90 millions d'euros mais 70 millions d'euros de bonus qui ont été versés, et ce à 3.000 salariés au titre de l'exercice 2008. Un montant en recul de 73% par rapport à 2007, précise une porte-parole de la banque française.
Un «scandale populaire majeur»
La présidente de l'association des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville, a aussitôt réagi en déclarant que les actionnaires de Natixis allaient être «scandalisés» par les millions d'euros distribués. «Espérons qu'il ne s'agit pas de primes versées à ceux qui leur ont vendu des actions parce que là ce serait vraiment un comble», a-t-elle déclaré sur Radio Classique.
L'action Natixis a fondu de manière spectaculaire en deux ans et demi: elle flirte avec les 1,5 euro, contre près de 20 en novembre 2006. Les petits actionnaires sont passés à l'offensive contre Natixis, exaspérés par la débâcle boursière de cette banque qui leur a été présentée comme un «placement de bon père de famille», selon eux. Une centaine d'entre eux a porté plainte le 18 mars contre la banque pour «information trompeuse». Selon la présidente de l'Adam, qui a qualifié la chute des actions de la banque de «scandale populaire majeur», «l'attribution de bonus ne va pas arranger les choses».
1.250 emplois supprimés
Filiale commune de la Caisse d'Epargne et des Banques Populaires, deux banques qui ont par ailleurs annoncé leur fusion le 26 février, Natixis, de loin la banque française la plus touchée par la crise financière, a enregistré une lourde perte de 2,8 milliards d'euros en 2008. La banque, qui a déjà annoncé la suppression de 1.250 emplois en 2008, a indiqué cette semaine qu'elle projetait de supprimer 166 postes supplémentaires en France.
Avec agence