L'Etat passe à l'action sur la paie des patrons

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Publié le 26 mars 2009.

DECRYPTAGE - Après plusieurs scandales, l'Elysée annonce un décret pour conditionner l'aide publique...

Nicolas Sarkozy ne veut pas avoir l'air de rester les bras croisés alors que les scandales se multiplient sur les rémunérations de dirigeants d'entreprises aidées par l'Etat. «Un décret va être pris la semaine prochaine», a annoncé jeudi matin Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Mardi soir, le chef de l'Etat se contentait encore de fustiger les comportements «pas honnêtes». Retour sur une semaine de polémiques.

Les affaires

La polémique a enflé au fil des révélations depuis une semaine. Après les stock-options à la Société générale et un «parachute doré» chez Valeo, Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole, reconnaissait des primes mercredi, tandis que l'attribution de stock-options déclenchait la furie des syndicats de Suez-GDF. Dans l'après-midi, Nicolas Sarkozy affirmait toutefois aux députés UMP que «le plafonnement des salaires est ridicule». De son côté, la présidente du Medef rejetait le recours à la loi, estimant qu'il fallait «savoir raison garder». Jeudi matin, un autre responsable du patronat demandait à l'Etat de balayer devant sa porte, rappelant qu'il est actionnaire de Valeo.

Le projet de l'Elysée

Plutôt que de passer par la loi, l'exécutif a opté pour un décret. «Rien n'est arrêté, mais il s'agit au minimum d'encadrer par des conventions, au cas par cas, les différents avantages consentis aux dirigeants d'entreprises recevant des aides publiques directes ou indirectes (financement du chômage partiel)», a précisé jeudi l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Les réactions

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé «une reculade» de Nicolas Sarkozy «devant le patronat». «Agissant ainsi, le président se montre plus attentif aux desiderata de Madame Parisot qu’aux préoccupations de millions de salariés qui expriment leur colère et leur exaspération devant cette crise injuste», a affirmé de son côté le sénateur PS, Jean-Pierre Bel. Même à l'UMP, des députés ont réclamé une loi encadrant les salaires dans les entreprises aidées, à l'instar de celle en cours d'adoption aux Etats-Unis après le tollé suscité par les primes versées à des cadres de l'assureur AIG.

Des aides sous condition

Depuis le début de la crise, le gouvernement a débloqué plus de six milliards d'euros de prêts pour le secteur automobile et dix milliards pour les banques. Ces sommes sont consenties à taux d'intérêt préférentiel par rapport aux conditions actuelles sur les marchés financiers. Par ailleurs, l'Etat soutient les entreprises qui ont recours au chômage partiel en finançant une part des salaires.

>>> Parachute doré, stock-option, retraite-chapeau... Notre lexique pour comprendre

Une prise de participation au capital, même via le Fonds stratégique d'investissement, ne serait pas forcément considéré comme une aide publique, a indiqué jeudi le ministère de l'Economie. Pourtant, si l'Etat est actionnaire de Suez-GDF depuis toujours, il a augmenté sa part dans Valeo pour aider l'équipementier automobile face à la crise.
Angeline Benoit
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