ENTREPRISES - Après la Société générale...
Le PDG de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, et son vice-président, Jean-François Cirelli, ont finalement décidé de renoncer à leurs stocks-options «dans un souci de responsabilité», a annoncé ce jeudi un porte-parole du groupe à l'AFP.
Le conseil d'administration du groupe gazier a accordé le 12 novembre 2008, 830.000 stock-options au PDG du groupe, Gérard Mestrallet, et 300.000 à son vice-président, Jean-François Cirelli, avait indiqué mercredi la direction, confirmant une information dévoilée par le site internet «Médiapart».
«Ces stock-options ne valent rient»
Lors de leur attribution en novembre, les stock-options accordées à Gérard Mestrallet avaient été estimées à 7,7 millions d'euros au total (au titre de 2007 et 2008) et celles accordées à Jean-François Cirelli à 2,8 millions d'euros. Aujourd'hui, ces stock-options «ne valent rien car le cours de l'action est inférieur au prix d'exercice», a affirmé mercredi un porte-parole.
Il n'empêche. Un mouvement de grève touchant les sites de stockage de gaz et les terminaux méthaniers de GDF Suez, qui avait démarré lundi, s'est amplifié ce jeudi au lendemain de cette annonce. Les grévistes, répondant à l'appel de la CFDT et de la CGT, revendiquent des revalorisations salariales.
Bénéfice en 2008
«GDF Suez n'est pas une entreprise qui fait appel aux aides de l'Etat: on est plutôt un contributeur net», a fait remarquer un porte-parole du groupe, ajoutant que le groupe avait «embauché 13.000 personnes en France en 2008» et allait en recruter «8.000 en 2009».
Le groupe énergétique a enregistré en 2008 un bénéfice net de 6,5 milliards d'euros, en hausse de 13%. Il a annoncé qu'il verserait un dividende de 4,8 milliards d'euros au titre de l'année 2008, dont une partie en actions.
Pas d'aides publiques de L'Etat
L'Etat français est son premier actionnaire, à hauteur de 35,7%. L'Elysée a annoncé ce jeudi
qu'un décret allait être publié la semaine prochaine afin d'empêcher les patrons des entreprises aidées par l'Etat de recevoir des stock-options et des bonus, sans préciser quelles entreprises étaient précisément visées.
Interrogé ce jeudi sur l'annonce de l'octroi de stock-options à des dirigeants du groupe GDF-Suez, Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, a toutefois relevé que cette entreprise ne bénéficiait pas d'aides publiques, tout en jugeant que «un peu plus de retenue conviendrait». La Société générale, elle,
fait partie des banques qui ont perçu une aide de l'Etat pour faire face à la crise. Ses dirigeants
ont ainsi renoncé à leur stock-options dimanche pour faire taire la polémique.
C. F. (avec agence)