Chacun son tour. Après le PDG d’AIG Edward Liddy la semaine dernière, ce sont Tim Geithner et Ben Bernanke qui ont répondu aux questions des congressmen en colère ce mardi. Deux critiques centrales: le scandale des primes versées aux cadres de l’entreprise était-il évitable, et fallait-il sauver l’assureur au bord de la faillite en investissant 170 milliards de dollars du contribuable.
«On a su dès le début qu’on avait un désastre entre les mains», a expliqué Tim Geithner à propos du programme des primes d’AIG. Il maintient qu’il n’a été mis au courant que le 10 mars, et qu’après avoir examiné le problème sous tous les angles, il a conclu qu’il ne pouvait stopper leur versement.
Même son de cloche du côté du président de la Fed. Ben Bernanke, qui, selon le PDG d’AIG était au courant depuis plusieurs mois, a jugé «complètement déplacé de verser des bonus élevés à des employés de la division qui a été la source de l'effondrement» de l'assureur. Il jure avoir «demandé que ces paiements soient stoppés» mais «avoir renoncé à porter l'affaire devant la justice après avoir compris que cela pourrait avoir un effet pervers en doublant ou triplant les bénéfices des employés».
«Une réforme complète du système de régulation nécessaire»
«Le gouvernement et le Congrès doivent travailler ensemble pour instaurer une réforme complète de la régulation et combler les lacunes existantes en matière de contrôle» des institutions financières, a estimé Tim Geithner.
Pour le ministre, il faut «créer une nouvelle autorité dotée d'un pouvoir de liquidation de manière que le gouvernement fédéral dispose des outils dont il a besoin pour défaire une institution de la taille et de la complexité d'AIG».
Alors que certains républicains réclament sa tête, estimant qu'il a perdu la confiance du peuple, nul doute qu'attribuer des pouvoirs supplémentaires au Trésor va faire l'object d'un débat houleux sur Capital Hill.
Sauvetage nécessaire
«Nous devons faire en sorte que notre pays ne se retrouve jamais face à une situation» comme celle où se sont trouvées les autorités en septembre lorsqu'elles ont dû sauver in extremis AIG, qui menaçait de s'écrouler.
Mais Geithner comme Bernanke ont tous deux répété que les autorités n'avaient pas eu d'autre choix que de se porter au secours de l’assureur: «Sa faillite aurait pu déboucher sur une crise économique et financière mondiale du type de celle des années 1930 aux conséquences catastrophiques pour la production, les salaires et l'emploi», a déclaré Ben Bernanke.