REGULATION - Trois pays européens ne suivent pour l'instant pas ce mouvement groupé: le Luxembourg, l'Autriche et la Suisse...
Plusieurs pays européens, la Belgique, le Liechtenstein et Andorre, ont annoncé ce jeudi, coup sur coup, un assouplissement du secret bancaire dans l'espoir d'échapper aux foudres du sommet du G20, qui entend intensifier la lutte contre les paradis fiscaux.
La Belgique, un des trois pays de l'Union européenne à conserver encore cette pratique avec le Luxembourg et l'Autriche, va supprimer son secret bancaire dès l'an prochain dans ses échanges avec les autres pays de l'Union européenne, puis le fera progressivement ensuite avec le reste du monde.
«Nous allons passer dès l'année prochaine à l'échange d'informations pour tout ce qui concerne la fiscalité de l'épargne, dans le cadre de la directive européenne sur l'imposition», a expliqué le ministre des Finances, Didier Reynders. L'échange d'informations en matière fiscale serait ensuite progressivement étendue aux pays non-européens.
«Le temps est venu...»
Du côté d’Andorre, le premier ministre Albert Pintat, s'est engagé à faire approuver d'ici à novembre un projet de loi qui lève le secret bancaire dans le cadre d'accords bilatéraux d'échange d'informations fiscales avec d'autres Etats.
La Principauté du Liechtenstein, qui fut au coeur d'
un scandale financier avec l'Allemagne il y a un an, a elle annoncé son intention de revoir en profondeur son secret bancaire. «Le temps est venu d'adapter notre système d'entraide judiciaire et administrative dans le domaine de la fiscalité à de nouvelles» données, a expliqué le chef d'Etat du Liechtenstein, le prince Alois von und zu Liechtenstein, à Vaduz.
Une liste noire de l’OCDE
Ces trois pays ont clairement agi pour éviter de se retrouver sur le banc des accusés au sommet des grandes puissances du G20 à Londres le 2 avril, qui doit renforcer la transparence du secteur financier, à la lumière de la crise actuelle, et s'attaquer tout particulièrement aux paradis fiscaux.
L'OCDE vient de communiquer aux pays du G20 une liste provisoire de pays non-coopératifs en matière d'échange d'informations fiscales, sur laquelle figureraient ces trois pays, ainsi que le Luxembourg, la Belgique et l'Autriche.
Plusieurs pays s’accrochent
Après les annonces de jeudi, le Luxembourg, l'Autriche, mais aussi la Suisse, se retrouvent sous une pression particulièrement forte pour abolir également leur secret bancaire. Pour le moment, ces trois pays, qui se sont réunis dimanche dernier pour créer un front commun du refus, n'entendent pas renoncer au secret bancaire, au nom de la protection de la «sphère privée» des citoyens.
La Suisse, dont l’économie
repose en partie sur le secret bancaire, se sent particulièrement visée par la pression internationale. D’autant qu’en février, le géant bancaire local UBS avait été
contraint de livrer à Washington les noms de quelque 300 clients américains soupçonnés de fraude fiscale.
Le cas Monaco
La principauté de Monaco n'a pas souhaité réagir aux multiples annonces de ce jeudi. Les autorités monégasques ont toujours affirmé qu'elles ne resteraient pas à l'écart d'un mouvement général de transparence bancaire mais qu'il fallait qu'une telle opération s'applique à tous les Etats de façon équitable et non à une partie d'entre-eux.
Avec agence