Les sorties culturelles, l'antidote contre la crise?

CULTURE – Les Français ne sont jamais allés aussi souvent au cinéma et dans les expos. Et vous, sortez-vous plus qu'avant, pour oublier le contexte économique?

Alice Antheaume

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L'exposition «Picasso et ses maîtres» accueillait au Grand Palais les visiteurs 24 heures sur 24 pour ses trois derniers jours, Paris, le 1er février 2009.

L'exposition «Picasso et ses maîtres» accueillait au Grand Palais les visiteurs 24 heures sur 24 pour ses trois derniers jours, Paris, le 1er février 2009. — SIPA

File d'attente inouïe pour l'exposition «Picasso et les maîtres», au Grand Palais, ouverte même la nuit; hausse de la fréquentation de 20% au dernier trimestre 2008 pour le Parc Astérix, deuxième parc de loisirs en France; 5,5 millions de visiteurs à Versailles; et de très bons chiffres aussi pour les cinémas français, dans lesquels près de 36 millions de Français sont allés au moins une fois en 2008, le chiffre le plus élevé relevé par Médiamétrie depuis 1995.

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Face à ces chiffres rondouillets, on finit par se demander si les loisirs des Français ne bénéficient pas de la crise.  «Le cinéma marche bien en temps de crise ou de guerre, car une place, même à 8 ou 10 euros, c’est toujours moins cher que des vacances», explique la comédienne Alexandra Lamy, interrogée par 20minutes.fr. «Les gens vont plus que jamais au cinéma, ajoute Christine Albanel, la ministre de la Culture. Pourquoi? Parce qu’aller au cinéma est toujours moins cher qu'un dîner au restaurant. Et c'est considéré comme une sortie.»
 
Rester vigilant

Derrière le mot «sortie» employée par la ministre, il y a cette idée de se vider la tête et d’oublier la crise, le temps d'un film ou d'une expo. C’est aussi ce que promet le directeur général du Parc Astérix, François Fassier: «Nous voulons divertir nos visiteurs, les sortir du marasme économique». Prudent, il s’empresse de compléter que les réservations pour 2009 sont «au même niveau que l'an dernier», mais «il faut rester vigilant car il n'y a pas de raison, si tous les secteurs sont touchés par la crise, que nous y échappions».

Nicolas Sarkozy l'avait dit à grands fracas lors de l'installation du Conseil de la création artistique: il veut que «la culture soit la réponse de la France à la crise économique mondiale». 20minutes.fr avait alors interrogé éditeur, universitaire, directeur de festivals et de maison de disques, sur le sujet: les réponses étaient mitigées, la plupart répondant que l'avis du président de la République visait ainsi à rendre la France plus rayonnante, touristiquement parlant.

Anti-dépresseur

Ce qui ne veut pas dire que les subventions de l'Etat couleront à flot. Reste que, comme le rappelle «Télérama», Franklin Roosevelt avait, lors de la grande dépression américaine de 1929, choisi d'investir dans la culture. «Le Federal Art Project avait recruté 5.300 peintres pour décorer les lieux publics: le Federal Music Project employait jusqu'à 16.000 musiciens et organisait des milliers de concerts dans tout le pays», écrit l'hebdomadaire. Comme quoi, les loisirs et la culture étaient déjà considérés comme un remède anti-dépression, dans les deux sens du mot.

>>> Et vous, faites-vous davantage de «sorties», pour vous changer les idées? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous... 

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