La crise, quelle crise? Le 79e Salon auto de Genève pourrait laisser croire qu'elle n'a pas atteint les rives du lac Léman tant elle est éludée. Certes, le patron de General Motors Europe, Carl-Peter Forster, a mentionné «une crise sans précédent depuis 1930», se félicitant au passage des plans d'aide gouvernementaux en Europe. D'accord, Jean-Philippe Collin, directeur général de Peugeot, la juge «d'une brutalité et d'une ampleur inédites».
Mais ce que préfèrent les constructeurs, c'est parler de leurs voitures. Non sans humour, Dieter Zetsche, patron de Mercedes, y «voit même un antidépresseur sur roues, sans prescription médicale». Et il est vrai qu'avec 85 nouveautés et la présence de toutes les marques, cette édition ressemble aux précédentes. Si certains jugent l'ambiance morose, dans les allées, point d'économies perceptibles, la moquette est toujours aussi épaisse et le champagne coule à flots. En revanche, pour le Salon de Francfort en septembre prochain, la donne risque de changer. Ainsi, Mitsubishi et Nissan ont annoncé qu'ils ne s'y rendraient pas. Au point qu'une rumeur circule sur l'annulation du salon allemand, malgré la promesse de Mercedes et BMW d'être présents. Nettement plus menacé, le Salon de Tokyo -qui devra se passer de General Motors, Ford et Chrysler- sera fixé sur son sort dans les prochains jours.