Pour les actionnaires de la Société générale, la crise, c'était en 2007, pas l'an dernier. La troisième banque française, qui a publié hier un bénéfice de deux milliards d'euros en 2008, va leur verser un dividende en hausse de 33 % à 1,20 euros par action. Pas de quoi compenser, toutefois, la baisse du cours de 68 % l'an passé, selon l'agence financière Bloomberg. Alors que les folles spéculations du trader Jérôme Kerviel (4,9 milliards d'euros de pertes) ont plombé le bénéfice en 2007, la banque a été relativement épargnée par les turbulences financières de 2008 : crise des « subprimes », faillite de sa consoeur américaine Lehman Brothers ou encore affaire de l'escroc Madoff. « Les revenus issus des prêts aux consommateurs ont compensé les résultats à l'international et des activités de marché », analysait hier Bloomberg.
Une situation moins calamiteuse qu'à la BNP Paribas, qui devrait publier aujourd'hui une perte de 1,4 milliard d'euros au seul quatrième trimestre, selon Bloomberg. Pourtant, la Société générale fait partie des établissements secourus à deux reprises par l'Etat, dont elle a reçu 3,4 milliards d'euros de prêts. « Cette aide n'est pas un cadeau. Elle permet de continuer de financer l'économie française, ce qui constitue le métier de banquier », indiquait hier l'établissement.
La banque dirigée par Frédéric Oudéa n'est pas sortie d'affaire pour autant et va accélérer cette année un programme de réduction des coûts. Les effectifs pourraient être revus à la baisse, mais aucun détail n'a filtré sur ce point. Les analystes regardent avec inquiétude ses activités en Europe de l'Est et en Russie, désormais jugées risquées. Et les provisions de pertes liées à la crise financière internationale ont quasi triplé, malgré l'impact positif de l'application de nouvelles normes comptables, note l'Agence France-Presse. ■