Vent de panique sur le marché automobile, après l'annonce par General Motors (GM) d'un plan de restructuration dont les conséquences devraient se faire sentir jusqu'en Europe. Confronté à la crise du marché automobile américain, dont l'activité a chuté de 18 % en 2008, le n° 2 mondial, après Toyota, vient de solliciter une nouvelle aide de l'Etat américain : 16,6 milliards de dollars, alors que le groupe a déjà reçu un total de 13,4 milliards depuis décembre 2008. L'intervention de l'Etat sera néanmoins conditionnée à la capacité de GM à redresser une situation financière très délicate d'ici à 2012. Ce que le constructeur entend atteindre en baissant ses coûts de production par de massives suppressions de postes : 47 000 emplois devraient disparaître, dont 26 000 hors des Etats-Unis.
Deux filiales européennes de GM sont en effet directement menacées par ce plan de restructuration : l'allemand Opel et le suédois Saab. Pour ce dernier, et ses 4 100 salariés, la situation est critique : GM souhaiterait en effet s'en séparer, mais les repreneurs risquent de ne pas être nombreux. L'Etat suédois lui-même a refusé, hier, d'entrer à son capital. Quant à Opel, plusieurs fermetures de sites seraient envisagées, notamment en Allemagne, où le groupe emploie 26 000 salariés. ■Dominique Albertini