Aujourd'hui, les milliers de manifestants du 29 janvier recevront la réponse du Président. Comme il l'avait annoncé lors de son intervention télévisée le 5 février, Nicolas Sarkozy rencontrera cet après-midi les partenaires sociaux. Après ce sommet social, il fera une déclaration retransmise ce soir au journal de 20 h, a indiqué l'Elysée. Décryptage.
Les cinq syndicats légalement représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC), le patronat (Medef, CGPME, UPA), ainsi que plusieurs membres du gouvernement qui ont mené les consultations préalables à ce sommet.
Le Président va tenter de répondre aux voix qui s'élèvent pour demander une relance par la consommation et le pouvoir d'achat, sans toutefois donner l'impression de changer de cap. Depuis le 5 février, les conflits sociaux autour des réformes de l'université et de la vie chère aux Antilles ont pris de l'ampleur. Les chiffres du chômage explosent et des plans sociaux sont annoncés en cascade. Une nouvelle journée de revendications est déjà au programme le 19 mars.
L'objectif serait d'« introduire dans le système plus de justice », selon un conseiller du Président, après les critiques sur le « paquet fiscal » en faveur des plus riches et sur le soutien financier aux banques et constructeurs automobiles. Les mesures seront d'ailleurs payées avec les 1,4 milliard d'euros d'intérêts versés par les établissements bancaires bénéficiaires de l'aide.
Parmi les pistes évoquées figure la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu ou du deuxième tiers provisionnel (lire ci-dessous). Mais Nicolas Sarkozy pourrait préférer « une augmentation des allocations familiales ». A l'étude aussi, « un chèque emploi-service payé par l'Etat » pour les personnes âgées et les mères isolées. Sur le front de l'emploi, une nouvelle hausse du montant d'indemnisation du chômage partiel (depuis janvier, 60 % du salaire brut) est envisagée pour inciter les entreprises à conserver leurs salariés. Quant aux chômeurs, une prime de 200 à 300 euros pourrait être créée pour les jeunes n'ayant pas encore l'âge de toucher le RMI (25 ans) et les salariés qui ne cotisent pas assez (moins de quatre mois) pour percevoir des allocations.
Plusieurs organisations, dont la CFDT, la CGT et FO, exigent une revalorisation du smic, l'abandon de certaines dispositions de la loi Travail, emploi et pouvoir d'achat (« paquet fiscal »), comme les heures supplémentaires défiscalisées, et l'arrêt du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais les syndicats ne se font guère d'illusions. Jean-Claude Mailly (FO) ne s'attend à « aucune réponse sur tout ce qui tourne autour du pouvoir d'achat ». Et si la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a jugé « intéressante » l'idée de François Chérèque (CFDT) de créer « un fonds d'investissement social » pour payer les chômeurs en formation, les cinq milliards nécessaires n'ont pas été mis sur la table. Sans surprise, puisque Bercy reconnaît que le déficit public « dépassera forcément 4,4 % du produit intérieur brut en 2009 », loin des 3 % autorisés par Bruxelles. ■