Que signifie « supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu » ?
L'impôt ne serait plus calculé à partir de 5 853 euros de revenus imposables par an, mais à partir de 11 673 euros. Donc, les 2,1 millions de foyers fiscaux situés dans cette tranche ne paieraient plus d'impôt (330 euros en moyenne aujourd'hui). En théorie, les 16 autres millions de ménages imposés (sur 35 millions de contribuables) devraient y gagner aussi, car une partie moins importante de leurs revenus serait taxée (à partir de 11 673 euros seulement). En revanche, cela coûterait 3 à 5 milliards d'euros.
Et la suppression du deuxième tiers ?
L'impôt serait diminué d'un tiers pour les foyers de la première tranche, soit une économie moyenne de 110 euros. Le gain serait de 16 euros pour un célibataire déclarant 13 000 euros au fisc (contre 50 euros en supprimant la première tranche) et de 176 euros pour un couple sans enfant déclarant 26 000 euros (contre 530 euros). Cela coûterait 240 millions d'euros.
Qui en profiterait ?
On ciblerait 2,1 millions de foyers qui font partie des classes moyennes, mais en excluant ceux qui sont au-dessus et en dessous de la première tranche. Ce serait un saupoudrage symbolique avec des gains faibles pour les bénéficiaires. L'impôt sur le revenu n'est pas le meilleur outil pour soutenir le pouvoir d'achat. Mieux vaudrait agir sur la taxe d'habitation, la TVA ou les prestations sociales. ■ Recueilli par A. B.