Qui s'est fait avoir par l'arnaque à 50 milliards de dollars du New Yorkais Bernard Madoff ? Après son arrestation, jeudi, les grands acteurs de la finance épluchaient hier leurs comptes, pressés d'indiquer « leur exposition maximale ». Traduction : jusqu'à quel point ils pourraient y laisser leur chemise.
G Pourquoi autant de flou ? Partout dans le monde, des retraites et des assurances-vie se sont retrouvées dans les poches de Madoff. Une arnaque gigantesque due à de la sous-traitance financière en cascade. Entre l'investisseur et le dépositaire du placement, une chaîne d'intermédiaires peu regardants a proliféré, comme pour les « subprimes » (produits financiers plombés par la chute du marché immobilier américain). C'est ainsi que le miroir aux alouettes, une rémunération de 10 %, a fonctionné sous le nez du régulateur américain, la SEC... jusqu'à ce que la crise s'en mêle et que les épargnants réclament leurs gains.
G Que risquent les Français ? Les Caisses d'Epargne et Banques populaires affirment n'avoir rien vendu qui contienne des traces de Madoff. Les épargnants ne sont cependant pas à l'abri. Les banques se penchent sur leurs comptes, mais les pertes encourues par les petits investisseurs ne sont pas encore connues.
G Et leurs banques ? Natixis risque une perte de 450 millions d'euros à travers des emprunts pour ses clients institutionnels (assureurs, banques, caisses de retraite, etc.). L'ardoise potentielle de la branche investissements de la Caisse d'Epargne et de la Banque populaire, déjà secouée par la crise des « subprimes » et par la faillite de Lehman Brothers, atteint la moitié de la perte enregistrée entre janvier et octobre. Dexia, elle, pourrait perdre 85 millions et ses clients fortunés, 78 millions d'euros.