ARGENT - La Ministre de l'Economie prépare un projet de loi pour lutter contre les abus...
«Il pourra y avoir des sanctions contre les abus», prévient la Ministre de l'Economie dans un entretien paru jeudi dans «Le Parisien». Christine Lagarde veut lutter contre «les excès et les abus», de la publicité pour le crédit à la consommation et prépare un projet de loi
pour assurer une meilleure information des consommateurs, selon un entretien paru jeudi dans le Parisien.
La publicité encadrée
«Il y a des excès et des abus (...). Le consommateur entre souvent en crédit à "l'insu de son plein gré", ce n'est pas acceptable !», s'emporte-t-elle. «Je souhaite, qu'à terme, on ne puisse pas vous proposer un crédit à la consommation au moment de passer à la caisse».
«La réforme fera en sorte que les publicités montrent clairement aux consommateurs ce dans quoi ils s'engagent», précise-t-elle, ajoutant qu'«il faut éviter à l'avenir que les publicités laissent croire à tort que le crédit est un complément de revenu», précisant qu'elle présenterait un projet de loi sur le sujet «au plus tard au premier trimestre 2009».
Le «holà» du gouvernement
De son côté, Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives, a déclaré, sur France Info jeudi matin, que le gouvernement doit mettre «un holà au système» de crédit à la consommation, qui réserve bien souvent les taux d'intérêt les plus élevés aux gens les plus modestes.
Martin Hirsch a raconté comment un membre de son cabinet, se faisant passer pour une personne de condition modeste suscitant un emprunt à la consommation, s'est vu offrir des taux à 20%, «les plus chers, les plus dangereux, et les plus toxiques» et relancer plusieurs fois par les organismes de crédit qu'elle avait contactés.
«Des taux d'intérêt faibles, des mensualités supportables»
«Je pense que Bercy est en train d'infléchir» et de changer sa position, a-t-il ajouté en faisant référence à un projet de loi en préparation, que doit présenter le gouvernement début 2009. «On se donne six ou huit semaines pour faire un texte qui ne soit pas de l'habillage, ni cosmétique, mais qui donne un coup de frein au crédit toxique et un coup d'accélérateur au crédit responsable», c'est-à-dire un «taux d'intérêt faible, une probabilité de taux de surendettement faible, et des possibilités d'avoir des mensualités supportables».
Le 3 décembre à Compiègne, Nicolas Sarkozy avait annoncé un encadrement des crédits à risque, ainsi qu'une réforme des procédures de surendettement. Martin Hirsch, Christine Lagarde et Luc Chatel, le secrétaire d'Etat chargé de la consommation, tiennent une conférence de presse commune sur le sujet jeudi.
MD avec agence