POLITIQUE - Au lendemain de l'annonce du plan de relance de l'économie, les réactions fusent du côté de la majorité comme de l'opposition...
Les mesures annoncées par le président de la République ne font pas l'unanimité. De la majorité à l'opposition, les réactions n'ont pas tardé. Il y a des déçus, des heureux et quelques sceptiques. Petit tour d'horizon.
Du côté de la majorité
Intéressé: Eric Woerth salue une «relance de l'investissement qui permettra de couvrir le pouvoir d'achat». L'actuel ministre du Bugdet se verrait bien d'ailleurs être nommé ministre en charge du plan de relance. Mais c’est finalement l’UMP Patrick Devedjian qui semble tenir la corde.
Admiratif: le ministre de l'Emploi, Xavier Bertrand, de son côté, a affirmé que «protéger l'économie, c'est protéger l'emploi et donc les Français». Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat, est admiratif: «Bâtir en quelques semaines un plan de relance aussi complet, aussi ambitieux, c'est du jamais vu!». Il assure que «le Sénat sera au rendez-vous de cet immense défi».
En vue: Numéro un de l'UMP, Patrick Devedjian, a été nommé du ministre en charge de la relance, évoque un plan «très ambitieux» qui aura «un effet d'entraînement au plan intérieur, en redonnant confiance aux acteurs économiques» et «d'entraînement et d'imitation» en Europe.
Fayot: Patrick Ollier (UMP) salue un Etat qui s'affirme «investisseur, donneur d'ordres et bon payeur» et l'équilibre d'un plan qui comporte «l'aide aux foyers les plus modestes».
Superlatif: Gérard Larcher, président UMP du sénat, «accueille très favorablement» un plan «exceptionnel, global et responsable» qui va «permettre de mettre la France en condition de surmonter la crise, de réformer son économie et de rattraper son retard de compétitivité». Il salue «le remboursement anticipé de la TVA» qui «permettra aux collectivités d’investir 2,5 milliards d’euros supplémentaires en 2009» et «l’allègement des règles d’appels d’offres pour accélérer la réalisation d’investissements publics».
Du côté de l'opposition
Déçue: Pour Martine Aubry, «c'est une grande déception». La première secrétaire du PS dénonce «un plan pour rien tant les éléments majeurs d'une relance économique ne sont pas traités». Elles estime que «les Français ont un problème c'est le pouvoir d'achat, et c'est cela qui bloque la relance de la consommation et bien évidemment de la croissance».
Rêveur: Alain Rousset (PS), président de l'Association des régions de France (ARF), a estimé que le plan «va dans le bon sens», si l'Etat met de l'argent. «La vraie question, c'est par exemple quelle est la part de l'Etat dans la Ligne à Grande Vitesse (LGV), car l'Etat sera alors maître d'oeuvre, et les Régions pourront investir dans les lycées ou dans l'acquisition de Trains express régionaux», a-t-il dit en marge du congrès de l'ARF à Caen.
Surpris: Didier Migaud, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, se dit «surpris que le président de la République ait pu oublier le thème de sa campagne qui était le pouvoir d'achat». Un avis partagé par Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, pour qui «le président oublie les Français eux-mêmes. En dehors de la prime pour les plus démunis, son plan fait l'impasse sur le pouvoir d'achat et l'emploi.»
Grincheux: Jean-Paul Huchon (président PS de la région Ile-de-France) a dénoncé le «tour de passe-passe» de Nicolas Sarkozy. «Après avoir désigné les collectivités locales à la vindicte comme responsables de la flambée des dépenses publiques, le président de la République compte sur elles pour réaliser la moitié de son plan de relance. M. Sarkozy appelle les collectivités et les entreprises publiques à engager “des travaux qui dormaient dans les cartons”: non seulement ils ne dormaient pas dans les cartons mais ils sont prêts à démarrer, financés par les collectivités locales, singulièrement en Ile-de-France. C'est la part de l'Etat qui manque».
Malin: Jean-Christophe Cambadélis (PS), député de Paris, juge que le plan de relance est «tardif», «clivé», parce «qu'on ne privilégie que l'investissement au détriment de la consommation», et «faible» car «de l'aveu même de l'Elysée, l'impact réel n'est que de 0,8% de croissance». Pour lui, «ces mesures ne répondent pas à la boucherie des plans sociaux de licenciement qui viennent mais tentent de créer de meilleures conditions pour 2012 et la réélection de Nicolas Sarkozy».
Ponctuel: Claude Bartolone (PS) juge que «ce plan de relance est à contretemps». Il estime qu'«en période de crise, il faut savoir mobiliser l'arme budgétaire au bon moment pour réamorcer la pompe». Le député ajoute que «les grands oubliés de ce plan, ce sont les salariés et les Français modestes (...) La mesure socialement juste aurait été une baisse de la TVA».
Critique: Nicole Bricq, sénatrice de Paris au nom du groupe PS du Sénat, dénonce un «plan défensif qui laisse les Français, seuls face à la cris». Elle souligne que «le plan de 26 milliards d'Euros comporte un déséquilibre profond entre les mesures visant à aider les ménages (760 millions d'Euros) et celles visant à soutenir les entreprises».
Les autres
Prudent: Pour Jacques Attali, un autre plan sera nécessaire en janvier. Interrogé sur RFI, il a évoqué la nécessité d'un nouveau plan de relance, «dès janvier ou février, une fois que l'on aura pris conscience de l'importance de la crise». «On en est encore au Samu qui prend l'accidenté sur le bord du trottoir et lui met de l'oxygène», a-t-il commenté.
Poétique: Pour le centriste Jean Arthuis, ce plan est «de nature à oxygéner les entreprises».
Dénonciateur: Pour la CGT, «les employeurs viennent une nouvelle fois de passer au guichet», notamment en bénéficiant de «nouveaux allègements de cotisations». De son côté, Force Ouvrière «déplore l'absence totale de mesures sur le pouvoir d'achat et le déséquilibre patent entre soutien de l'offre et relance de la demande».
Mitigée: «La CFDT regrette qu'un nouvel allègement du coût du travail voit le jour, sans contrepartie demandée aux entreprises en terme d'emploi et de pouvoir d'achat», mais «note cependant en positif l'augmentation des fonds alloués à l'accompagnement des chômeurs».
Et vous, qu'en avez-vous pensé? Dites-le nous...
Eric Feferberg AFP ¦ Nicolas Sarkozy le 3 décembre 2008 à Compiègne
20minutes.fr (avec agence)