Consommateurs, salariés, politiques : le travail le dimanche n'a pas fini de diviser. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a estimé hier soir que les choses avaient « bien avancé », alors qu'une proposition de loi a été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée le 11 décembre. « Arrive le moment où il faut décider », a-t-il déclaré, alors que plus d'une cinquantaine de députés ont publié dans la presse deux tribunes pour dénoncer la libéralisation du travail dominical.
Le sujet énerve aussi à gauche. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a proposé à des députés horrifiés « qu'ils siègent le dimanche 14 décembre, pour mettre en pratique ce que le président de la République veut imposer aux Français ». De son côté, Martine Aubry a dénoncé le « cynisme de Sarkozy » : « Nous ne voulons pas d'une société dont le seul but est de consommer toujours plus. »
Le texte envisagé autorise, sous certaines conditions, l'ouverture le dimanche dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants. D'où des tensions. « Pourquoi certaines villes seraient-elles plus qualifiées pour autoriser l'ouverture le dimanche ? », s'interroge Philippe Baroukh, directeur général d'Auchan. Au contraire, le dirigeant propose d'augmenter le quota d'ouvertures à dix dimanches par an (plutôt que cinq actuellement), et de laisser chaque établissement le gérer. « Dans de nombreuses villes, nous n'utiliserons même pas les dix car l'ouverture du dimanche a un coût. Il ne s'agit pas d'ouvrir pour ouvrir. »
Angeline Benoit, Olivier Aballain
et Stéphane Colineau