SOCIAL - Le revenu de solidarité active a été adopté par le Parlement. La gauche s'abstient et s'interroge...
Vingt ans après sa création, le RMI est cède sa place au RSA. Le Revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch a été définitivement adopté jeudi par le Parlement, sur fond de hausse du chômage (lire ci-contre). «Au regard du contexte économique difficile, et c'est une litote, le RSA est plus que jamais indispensable. Il permettra à de nombreux salariés modestes de sortir de la pauvreté ou de ne pas y tomber», a déclaré le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch.
Le PS s'abstient sur le vote
La France compte 1,1 million de Rmistes, deux millions de travailleurs pauvres selon les estimations et quelque sept millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (60% du salaire médian, chiffres Insee). Lors d'un dernier vote, le Sénat a adopté par 196 voix (UMP et RDSE, les radicaux) le RSA, conçu et défendu depuis 2005 par l'ex-président d'Emmaüs, homme classé à gauche et symbole de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy, pour encourager le retour à l'emploi des Rmistes et augmenter les revenus des travailleurs pauvres.
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Comme à l'Assemblée, les communistes ont voté contre (26) et le PS s'est abstenu. Le RSA figurait pourtant dans le programme de Ségolène Royal en 2007. «Monsieur le Haut commissaire, l'accord peut exister sur les objectifs du RSA. Personne n'est contre le fait de faciliter le retour à l'emploi», a affirmé Yves Daudigny (PS). «Cette loi est un outil de progrès qui marque des avancées. Mais ce n'est qu'un outil à resituer dans une politique globale, pas un plan global de lutte contre la pauvreté», a-t-il ajouté, dénonçant la «disparition des services publics, les franchises médicales, la baisse du pouvoir d'achat....»
Quid des moins de 25 ans?
Le PS a aussi regretté «un choix de financement injuste» du RSA, et le fait qu'il ne s'adresse pas aux moins de 25 ans (tout comme le RMI). La taxe de 1,1% sur les patrimoines instaurée pour financer le RSA (1,5 milliard d'euros par an), accueillie avec réticence par la droite libérale, coûte aussi à Martin Hirsch le soutien de la gauche. L'opposition a déploré que les bénéficiaires du bouclier fiscal (qui plafonne l'impôt à 50% des revenus) en soient exemptés.
En réponse, Martin Hirsch s'est félicité d'avoir obtenu le «plafonnement des niches fiscales» c'est-à-dire la réduction d'impôt par cumul d'avantages, pour participer au financement du RSA. La gauche a aussi regretté que les bénéficiaires du RSA soient soumis à la nouvelle politique de l'emploi, qui durcit les sanctions contre les chômeurs refusant deux offres «raisonnables».
«Je crains que nous n'institutionnalisions la précarité», a expliqué Guy Fischer (PCF) pour justifier le vote négatif de son groupe. Martin Hirsch a rappelé qu'il avait le soutien du père du RMI, Michel Rocard, Premier ministre socialiste en 1988: «Il est extrêmement rare que ceux qui ont créé une réforme soutiennent celle qui la remplace», a-t-il déclaré.
20minutes.fr (avec agence)
Chômage
Le ministère de l'Emploi doit annoncer les chiffres du chômage d'octobre ce jeudi. Selon
Laurent Wauquiez, ils seront plus mauvais qu'en août, quand la hausse avait été de 42.220 chômeurs.