TRANSPORT - La mesure prendra effet au 1er janvier 2010, selon le texte voté, et devrait s’appliquer sur la base du volontariat...
Pilotes, stewards et hôtesses de l'air pourront travailler jusqu‘à 65 ans, contre 55 ans actuellement pour les hôtesses et stewards et 60 ans pour les pilotes. C’est ce que l’Assemblée nationale a rendu possible, dans la nuit de vendredi à samedi, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009. La mesure prendra effet au 1er janvier 2010, selon le texte voté, et devrait s’appliquer sur la base du volontariat.
Selon le texte voté par les députés, corrigé par le gouvernement, pilotes et hôtesses pourront demander, dès 55 ans, leur reclassement dans un emploi au sol. Si cela s'avère impossible, «il y aurait rupture du contrat de travail». L’amendement prévoit aussi que, dans le cas des vols en équipage avec plus d'un pilote, «un seul des pilotes doit être âgé de plus de 60 ans».
L'Assemblée a par ailleurs adopté un autre amendement permettant, pour tous les salariés de plus de 65 ans, de poursuivre leur activité, «sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention, et dans la limite de 5 années.»
Menace de grève
Ce recul de l'âge de cessation d'activité est demandé par une partie du personnel navigant mais contesté par une autre. Jugeant «inacceptables et dangereuses» ces propositions, huit syndicats d'Air France ont
appelé à la grève, du 4 au 8 novembre. Mais ce samedi, changement de date:le mouvement sera reporté au 5, 6, 7 et 8 décembre. «Nous avons décidé d'un report du conflit au date du 5, 6, 7 et 8 décembre, a expliqué Cyril Jouan (CFDT), précisant que l'ensemble des syndicats (CFDT, CFTC, FO, SNPNC, Sud aérien, CGT, Unac et Unsa) ne sont pas satisfaits de l'amendement qui a été voté» au cours de la nuit de vendredi à samedi. «Pour eux, l'âge de la cessation d'activité à 65 ans ne leur convient toujours pas».
Selon les auteurs de cet amendement UMP, «la limitation d'âge imposée maintient, sous couvert de sécurité, un statut spécifique pour les personnels navigants, incités à partir tôt en contrepartie de conditions avantageuses». Mais cela «pénalise en réalité nombre de navigants qui ne satisfont pas aux conditions requises et souhaitent avoir la liberté de poursuivre leur activité mais qui, faute de reclassement, se retrouvent licenciés», soutiennent les députés signataires.
Réaction de Xavier Darcos
«Il y a vraiment la possibilité d'éviter la grève» annoncée, «puisque les réponses sont apportées», a déclaré le ministre du Travail Xavier Darcos. «Il y a besoin de remettre les pendules à l'heure», a-t-il noté. «C'est la même démarche que nous avons menée pour les régimes spéciaux des retraites», a-t-il dit, en précisant que «cela se fera avec un suivi médical renforcé».
«Il n'est en aucun cas question de remettre en cause l'âge de la retraite. Les conditions d'âge qui existaient sont les mêmes mais si on le souhaite on peut travailler plus longtemps», a-t-il soutenu.
Avec agence