Les éditorialistes sceptiques après la volte-face de Sarkozy sur les contrats aidés

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Publié le 29 octobre 2008.

REVUE DE PRESSE - Les journaux reviennent sur le tournant de Rethel...

Les éditorialistes de la presse française soulignent unanimement ce mercredi la volte-face de Nicolas Sarkozy sur les emplois aidés, mais demeurent perplexes sur l'efficacité des mesures annoncées à plus ou moins long terme.

Pour nombre d'éditorialistes, le président «a mangé son chapeau» (Jean-Marcel Bouguereau, «La République des Pyrénées»), «piqué dans la boite à outils socialiste», pour Daniel Ruiz («La Montagne»). «Il aura donc fallu bricoler un patchwork de mesures prises à droite comme à gauche», résume Philippe Waucampt («Républicain Lorrain»).

«Mieux vaut des solutions imparfaites que l'inaction»

«Sans doute était-il à mille lieues de penser qu'il devrait un jour se résoudre à relancer les emplois aidés, recette tant de fois utilisée dans le passé et qu'il contestait lui-même avec vigueur», note Gaetan de La Capèle («Le Figaro»). «Nicolas Sarkozy suit des pistes qu'il avait écartées comme néfastes», dit également Dominique Quinio («La Croix») ajoutant: «Mieux vaut des solutions imparfaites que l'inaction. (...) Dans l'urgence, pas d'idéologie, mais de la réactivité», insiste-t-il.

Cette troisième étape du plan anti-crise du chef de l'Etat annoncé à Rethel (Ardennes) n'a guère séduit une presse de gauche, critique. «Nicolas Sarkozy s'est moqué du monde» écrit Pierre Laurent dans «L'Humanité». «Les mécanismes d'étranglement des débouchés et d'appauvrissement des salariés qui ont précisément conduit au krach sont maintenus intacts», précise-t-il.

Un plan «plan-plan»

Dans les colonnes de «Libération», dont la une titre un plan «plan-plan», Didier Pourquery affirme que Nicolas Sarkozy a «au nom du pragmatisme et du volontarisme érigés en valeurs suprêmes, mélangé hier quelques annonces floues sur les contrats aidés, les CDD et les contrats de transition professionnelle avec la confirmation de ses choix sur le travail du dimanche et les 35 heures». «Pour autant, est-ce une rupture idéologique, comme on le lit ici ou là? Rien n’est moins sûr», écrit-t-il.

Des éditorialistes soulignent également avec inquiétude le coût de ces mesures. «Ce traitement dans l'urgence ne saurait suffire», constate Jacques Camus («La République du Centre») pour lequel subsiste «encore beaucoup trop d'interrogations sur les financements et la mise en oeuvre sur la durée». Selon Hervé Chabaud («L'Union»), le Président «sait que son plan devra être revu puisque personne ne peut évaluer aujourd'hui les vraies conséquences sur l'économie des récents tsunamis financiers».
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