Quand l'auto freine, l'emploi trinque

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Publié le 28 octobre 2008.

Les salariés de plusieurs sites de production Renault ont les bras ballants depuis hier matin, notamment à Flins, Douai et au Mans, fermés pour deux semaines. En tout, 26 000 salariés sont concernés. A Douai et au Mans, les salariés sont au chômage technique : pendant cette suspension de production, ils ne toucheront que 50 % de leur salaire brut. PSA Peugeot Citroën ralentit également son activité au cours de ce dernier trimestre : les sites de Mulhouse, de Sochaux et d'Hordain sont les plus touchés.

Face aux craintes liées à la crise, les ménages retardent leur achat. Résultat, les constructeurs se séparent de leurs intérimaires (- 20 % en octobre selon le patronat), réduisent leurs commandes et arrêtent leurs chaînes (- 20 % de l'activité pour le dernier trimestre). C'est donc tout le secteur qui trinque. A Blanquefort, près de Bordeaux, l'usine Ford de boîtes de vitesses automatiques est fermée pour dix semaines. A Strasbourg, les métallurgistes manifestent aujourd'hui, car ils craignent une réduction de leur activité par ricochet. « Pour la première fois, les constructeurs ont choisi d'anticiper le ralentissement de l'offre, explique Bernard Jullien, économiste et directeur du Gerpisa, un centre de recherche universitaire sur l'automobile. Avant, ils auraient décidé d'augmenter les stocks et de multiplier les rabais. Ils espèrent ainsi mieux se relever la crise passée. » A condition qu'ils réorientent leurs offres en prenant en compte les nouvelles attentes des consommateurs (petites voitures, moins chères, moins énergivores). Pas sûr que les sous-traitants des équipementiers, eux, survivent tous à la crise. Pierre Moscovici (PS) a appelé hier à « un plan d'ampleur pour l'automobile » français et européen pour soutenir ce secteur stratégique, qui emploie 10 % de la population active nationale.

Hélène Ceccato et Louis Moulin - ©2008 20 minutes
inquiétude mondiale Vendredi, Chrysler
a annoncé 5.000 suppressions de postes administratifs, soit un quart de ses effectifs. Le 13 octobre, Nissan annonçait 1.680 licenciements en Espagne et en septembre, c’est l’équimentier américain Tyco qui évoquait 520 suppressions de postes en France.
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