SCANDALE - Le conseil d'administration de l'institution a mis un terme, samedi soir à l'enquête sur les écarts sexuels de l'ex-ministre français...
Il va pouvoir rester au FMI. Dominique Strauss-Kahn a été blanchi samedi soir de toute accusation
d'abus de pouvoir dans l'affaire d'une liaison extra-conjugale par le conseil d'administration du FMI, décidé à le garder à son poste, malgré
les rumeurs et les accusations.
Le FMI, qui avait mandaté l'été dernier un cabinet d'avocats privé pour enquêter sur la liaison de son directeur général avec une subordonnée ayant depuis quitté l'institution, s'est contenté de pointer du doigt «une grave erreur de jugement».
Colère des femmes du FMI
Le doyen du conseil Shakour Shaalan, un Egyptien représentant plusieurs arabes à l'institution, a précisé que l'organe dirigeant, réuni «dans une ambiance très, très positive» était parvenu à la conclusion que cette affaire, révélée au public le 18 octobre, «n'affecte en rien l'efficacité» de Dominique Strauss-Kahn.
«Nous continuerons à travailler avec lui», a-t-il ajouté, soulignant que «le directeur général est très compétent dans l'exercice de ses fonctions. S'il y a une part de confiance qui a été perdue, il la retrouvera très bientôt», a-t-il précisé, en indiquant toutefois que «certains membres du personnel, surtout des femmes, ne sont pas du tout contents» de l'incident.
Mais, a-t-il précisé, Strauss-Kahn a déjà présenté lundi ses
excuses au personnel, et «je ne crois pas qu'on puisse lui demander d'en faire plus». Preuve que la
stratégie de défense mise en place par les conseillers de DSK a porté ses fruits.
Pas de favoritsime
L'enquête du FMI établit notamment que DSK et Piroska Nagy, dont le nom n'est cité nulle part mais dont l'identité a été dévoilée la semaine dernière par le
Wall Street Journal,ont tous deux «consenti et se sont activement engagés» dans leur liaison.
La jeune femme, dont le mari avait découvert la liaison, a quitté le FMI l'été dernier pour prendre un poste à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
L'enquête a établi qu'elle n'avait bénéficié d'aucun traitement de faveur, alors qu'elle participait au programme de départs volontaires mis en place par le Fonds, qui a touché quelque 600 personnes. De quoi conclure, comme l'a fait le conseil d'administration du FMI, qu'«il n'y a pas eu de harcèlement, ni de favoritisme ni aucun autre abus de pouvoir (commis) par le directeur général».
«Au-dessus de tout reproche»
Pour autant, interrogé sur ce qui pouvait être reproché à Dominique Strauss-Kahn, Shakpour Shaalan a souligné que «le comportement personnel du directeur général (du FMI) donne le ton pour l'institution, il doit être au-dessus de tout reproche».
Une façon de dire que DSK n'a plus le droit à l'erreur, et qu'à la moindre incartade, il finira à la porte de la très prestigieuse maison.
C. L. avec agence