En 1944, une conférence internationale tente de stabiliser le système monétaire en crise. Elle se tient une petite ville du nord des Etats-Unis: Bretton Woods. Plus de 700 délégués représentant les 44 pays alliés des Etats-Unis décident de fixer le taux de change des monnaies: «Les pays devaient arrimer leur monnaie au dollar et le dollar était arrimé à l’or», explique à 20minutes.fr Henri Sterdyniak. Les accords fondent également le Fonds Monétaire International (FMI).
En 1971, «le système a volé en éclat», raconte l’économiste. La guerre du Vietnam a considérablement endetté les Etats-Unis. Le pays est alors incapable de garantir la conversion de sa monnaie avec l’or: Nixon suspend l’accord. Et en 2008? «Aujourd’hui, le système monétaire est un marché dans lequel les monnaies fluctuent», ajoute l’économiste (). Et c’est ce qui est en cause dans la crise actuelle: «Comme il n’y a pas de contrôle, les banques américaines vendent des crédits pourris et le problème s’étend au monde entier», déplore-t-il.
Quand le système a explosé en 1971, le FMI «s’est trouvé un petit travail», selon Henri Sterdyniak. «Il se consacre désormais à l’assistance aux pays en voie de développement », explique-t-il. Mais pour résoudre la crise actuelle, le FMI, dont c’est pourtant la vocation, est «complètement hors jeu» selon l’économiste. Un «nouveau Bretton Woods» pourrait lui redonner un rôle de surveillance pour dénoncer des excès ou des montages dangereux comme les subprimes.
Un «nouveau Bretton Woods», c’est une nouvelle ère économique?
Entre 1945 et 1975, tout était régulé. «Ce système a permis un essor économique qu’on a appelé les Trente Glorieuses», précise Henri Sterdyniak. A partir des années 1970, les marchés prennent de plus en plus d’importance: on assiste à une alternance de bulles spéculatives et de krachs. «Il faut maintenant trouver un système intermédiaire entre un système totalement régulé et un autre complètement fou», explique-t-il. Un véritable «défi» qui confronte les intérêts, parfois contradictoires, des différents pays en jeu. Les débats ne font que commencer.