Pour la première fois depuis février 2007, l’euro est passé sous la barre de 1.30 dollar. Il confirme ainsi sa dégringolade face au billet vert entamée à l’été 2008: le 15 juillet, il avait atteint un record historique à plus 1.60 dollar pour un euro. Dommage pour les virées shopping à New York. Mais «une bouffée d’oxygène» pour l’économie européenne en crise. Explications avec Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économique (OFCE).
Pourquoi l’euro est-il en baisse?
Il faut dire qu’il était monté très haut. Mais quand la crise liée aux subprimes a commencé à se diffuser en Europe, et qu’on a parlé de risques de faillites bancaires, il y a eu un retournement de situation. Les taux de change sont liés aux prévisions de croissance. Alors que les conséquences de la crise avaient déjà été intégrées aux Etats-Unis, elles n’ont pas été aussi bien anticipées en Europe. Quand la croissance européenne a été revue à la baisse, les investisseurs se sont donc reportés vers le dollar.
Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle?
C’est une bouffée d’oxygène. Cela aura un effet bénéfique, mais pas dans l’immédiat. Dans un premier temps, la conséquence va être une nouvelle inflation. Mais la chute du pétrole devrait limiter cette hausse des prix. Comme nous ne sommes pas dans une période de tension inflationniste, cette hausse des prix n’est pas préoccupante. La chute de l’euro permettra d’ailleurs de faire redescendre les prix des produits importés. Au bout de quelques mois, cette baisse aura finalement un effet positif pour la croissance. Car l’euro cher a énormément pesé sur le commerce européen. Ce qu’on gagnait en pouvoir d’achat était moins important que ce qu’on perdait en compétitivité.
L’euro va-t-il continuer sa chute?
Peut-être, car pour le moment c’est le seul indicateur économique au vert. Par ailleurs, nous avons observé une corrélation entre les cours du pétrole et les taux de changes entre l’euro et le dollar. Même si pour le moment, nous ne savons pas lequel entraîne l’autre.