Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société générale, avait pourtant affirmé mardi dernier que son établissement n'aurait «pas besoin d'utiliser ce "guichet public"». Sa banque recevra néanmoins 1.7 milliards d'euros. Comme la BNP Paribas (2.55 milliards), le Crédit Agricole (3 milliards), le Crédit Mutuel (1.2 milliard), la Caisse d'Epargne (1,1 milliard) et la Banque populaire (950 millions), la Société générale ne sera en revanche pas contrainte d'ouvrir son conseil d'administration à l'Etat, comme le laisser penser le plan annoncé la semaine dernière.
Car c'est à travers un mécanisme de «dette subordonnée», et non de recapitalisation, que les banques seront finalement aidées. L'Etat va en effet acquérir auprès des banques des obligations, c'est-à-dire des prêts remboursés à une échéance donnée, et non des actions, qui entraîneraient une forme de nationalisation, même partielle, de la banque aidée. Jusqu'au remboursement de ces obligations, l'Etat percevra des intérêts annuels.
En contrepartie, la ministre de l'Economie demande aux banques de relancer le crédit en faveur des ménages, des PME et des collectivités locales et d'adopter des règles éthiques de rémunération de leurs dirigeants. «Si les tensions du marché venaient à persister», explique la ministre, une nouvelle aide équivalente pourrait être apportée aux banques en 2009.
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Les marchés se referont-ils une santé avec ce nouveau plan? Les Français, eux, n'y croient pas: selon un sondage BVA-Les Echos-France Inter publié ce lundi, ils sont 59% à penser que ces mesures ne seront pas à même de «favoriser la reprise de la croissance économique».