Avec la crise financière, le budget 2009 dans le flou

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Publié le 20 octobre 2008.

ECONOMIE - Avant même le début des discussions à l'Assemblée, la crédibilité des chiffres est remise en cause...

Le gouvernement s'attend à batailler ferme pour défendre son budget 2009 à l'Assemblée nationale, ce lundi. Au cœur de la polémique, les estimations économiques pour l'année 2009. Elles datent d'avant la crise financière, et François Fillon n'a pas jugé nécessaire de «rebâtir» le projet de loi de finances présenté fin septembre.

>> Retrouvez le décryptage des principales mesures prévues au budget 2009 sur 20minutes.fr

Avant même le début des discussions, plusieurs voix se sont élevées contre la crédibilité des chiffres. Ce week-end, l'ancien Premier ministre UMP, Dominique de Villepin, estimait qu'on «ne pouvait pas partir sur des bases qui n'existent plus». Le président PS de la commission des Finances, Didier Migaud, s'interrogeait quant à lui: «Comment peut-on dire que le budget 2009 conserve toute son actualité?»

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, concède d'ailleurs ce lundi que «les prévisions que nous avons faites il y a maintenant deux mois (...) très clairement, sont fragilisées par la crise financière».

Les chiffres seront réévalués

Misant sur une croissance du PIB de 1 à 1,5% en 2009, le gouvernement a retenu la fourchette basse pour établir son budget 2009. Christine Lagarde a touteois annoncé ce lundi qu'elle tiendrait compte du chiffre de la croissance au troisième trimestre, qui sera connu mi-novembre.

Il est «très probable que la croissance n'atteigne pas 1%» en 2009, a-t-elle reconnu devant les députés, et cette hypothèse de croissance prévue dans le budget «pourrait ainsi être amendée». Le Fonds monétaire international (FMI) n'a pas attendu: début octobre, il avançait le chiffre de 0,2% de croissance du PIB en France pour 2009.

>> Le budget 2009 en graphique

Le déficit de l'Etat a quant à lui été chiffré à 52,1 milliards d'euros, avec une dette équivalente à 66% du PIB. Des estimations qui ne tiennent pas compte du plan bancaire qui prévoit 360 milliards de garanties à la charge de l'Etat. Le ministre du Budget, Eric Woerth, assure qu'il n'aura «pas d'impact direct sur les finances publiques», tout en reconnaissant qu'il pourrait augmenter la dette.

Miser sur des lendemains qui chantent

Le gouvernement table par ailleurs sur une inflation de 2% en 2009, soit 0,9% de moins qu'en 2008. Le pouvoir d'achat des ménages doublerait, à +2% contre +1% en 2008, avec des dépenses de consommation qui passeraient de +1,1% à +1,9%. Les prévisions comptent sur une stabilité de l'investissement des entreprises, à +2%

Le porte-parole du groupe UMP pour le Budget, Jérôme Chartier, justifie l'optimisme de ces chiffres. Il estime qu'«après une période de crise, nous connaîtrons un rebond rapide en termes de croissance au second semestre 2009».

Dans l'hémicycle, ce lundi, Christine Lagarde a tout de même tempéré l'enthousisame de son confrère. La ministre estime que «la crise est appelée à durer. Ce serait une erreur de croire que tout reviendra comme avant».
J.M. avec agence
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