Quand la crise pousse au suicide

CRISE FINANCIERE Etat des lieux après l'annonce faite par l'OMS des risques encourus...

Julien Ménielle

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Le solitaire

Le solitaire — REUTERS

La crise financière tue. C'est le cri d'alerte poussé la semaine dernière par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle mettait en garde contre la multiplication des cas de dépression, troubles mentaux voire de suicides et invitait à ne «pas sous-estimer les turbulences et les conséquences probables de la crise financière». Qu'en est-il vraiment?

Premiers cas aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, plusieurs drames humains semblent donner raison à l'OMS. La semaine dernière à Los Angeles, un cadre de 45 ans en proie à de graves problèmes financiers s'est donné la mort après avoir tué cinq membres de sa famille. Une semaine plus tôt, c'est une femme de 90 ans menacée d'expulsion qui tentait de mettre fin à ses jours, dans l'Ohio.

Un article de CNN recense par ailleurs de nombreux autres cas de gestes désespérés, liés à des expropriations ou à des situations de ruine. Le site de la chaîne américaine rapporte également que les centres d'appels de prévention des suicides connaissent un important regain d'activité.

Hors des frontières américaines, où nombre de ces gestes semblent liés à des problèmes de logement consécutifs à la crise des subprimes, la situation est-elle aussi dramatique? Un Egyptien de 56 ans a été retrouvé pendu à son domicile, lundi au Caire, après avoir perdu toutes ses économies, placées en Bourse. A Londres, l'association « Stand to Reason», chargée d'aider les traders à surmonter le stress de la crise financière actuelle, dit être prise d'assaut.

La France garde le moral

En France, le tableau semble moins sombre. Joë-Michel Caveng, psychologue psychanalyste et formateur au Havre ne dispose d'«aucun élément tangible» qui permettrait d'affirmer que la crise fait peser une menace de suicide sur les Français.

Dans sa pratique professionnelle, il affirme qu'il «n'entend aucun discours spécifique lié à la situation financière». Il rapporte même qu'à l'occasion d'une rencontre avec des médecins psychiatres, ceux-ci lui ont appris qu'ils constataient «une diminution du nombre de consultations».

Jusqu'ici tout va bien

Du côté des banques, Michel Marchet, secrétaire de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance pour la CGT, juge qu'il serait «fantaisiste» de dresser un constat aussi noir pour la France. Contacté par 20minutes.fr, il reconnaît que «les conseillers subissent une pression de la part de la clientèle, et que les personnels subissent des incivilités». Mais le stress est «inhérent à la profession», et si «la situation s'est tendue», aucun drame n'est à déplorer.

Le psychologue Joë-Michel Caveng tient cependant à rappeler que «ce n'est pas parce qu'on ne voit rien qu'il ne se passe rien». Il y a quelques semaines encore, même aux Etats-Unis, personne ne parlait de suicide.


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