Les dirigeants de l'UE ont trouvé un accord mercredi soir sur la manière de faire face à la crise des marchés qui perdure et menace de déboucher en récession, et font pression sur Washington pour réformer rapidement et en profondeur le système financier.
Sur la crise financière, «l'Europe toute entière sans exception approuve les mesures du plan d'action adopté dimanche par l'Eurogroupe», a annoncé dans la soirée le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, au terme de la première journée du sommet de l'UE à Bruxelles.
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Mesures de soutien pour soutenir l'industrie
La très libérale République tchèque, hostile au retour de l'interventionnisme d'Etat dans l'économie, a émis des réserves sur certains aspects mineurs du plan, qui ne devrait être formellement adopté que ce jeudi pour cette raison, selon des diplomates. La Commission européenne va par ailleurs présenter d'ici la fin de l'année des mesures pour soutenir l'industrie face au ralentissement économique.
Les Européens, qui ont longtemps privilégié le cavalier seul face à la crise, ne pouvaient se permettre de tergiverser trop longtemps sur le sujet car les marchés financiers restent très nerveux. La plupart des Bourses mondiales ont de nouveau plongé mercredi après l'accalmie du début de semaine.
Un sommet international d'ici à la fin de l'année?
En parallèle, les Européens veulent à présent obtenir une grande refonte du système financier international et demandent la tenue d'un sommet mondial d'ici la fin de l'année.
Les Européens veulent s'attaquer aux agences de notation et aux fonds spéculatifs, la Grande-Bretagne et l'Allemagne proposant même de réformer le Fonds monétaire international pour lui donner un rôle de supervision au niveau mondial.
La question du réchauffement en suspens
La crise financière a eu un impact collatéral lors du sommet: sur le plan européen de lutte contre le réchauffement climatique, avec lequel l'Europe ambitionne en principe de montrer l'exemple au reste de la planète avec des réductions importantes d'émissions de gaz à effet de serre.
L'Italie et la Pologne ont menacé de bloquer un accord prévu en principe en décembre. Les deux pays veulent qu'on tienne compte du mauvais contexte économique en assouplissant les contraintes prévues pour l'industrie et les efforts qui leur sont demandés en matière réduction de gaz à effet de serre.
Nouveau couac polonais
Le président français a toutefois relativisé ces difficultés. Il a réaffirmé sa volonté d'avoir un accord «avant janvier» en promettant de «tenir compte des problèmes spécifiques d'un certain nombre de nos collègues».
Le sommet a été par ailleurs l'objet d'un nouveau couac polonais. Le président Lech Kaczynski a imposé sa présence à son rival le Premier ministre Donald Tusk. Mais il a évité de se disputer avec lui en public, en acceptant de sortir de la salle de réunion au moment le plus sensible.