Les dirigeants du monde entier s'épongeaient le front hier, face au rebond spectaculaire des Bourses. « Je crois qu'on peut dire que l'effet domino de la crise de 1929 est définitivement écarté, puisque les Etats souverains se portent garants », décryptait Maurice Gravier, directeur à la gestion actions de Natixis Asset Management. « On espère maintenant voir le marché se stabiliser un peu, le temps de mesurer les dégâts des dernières semaines », a relativisé un vendeur d'actions parisien. Car du Canada à la Chine, en passant par le Brésil et l'Afrique, cocasses ou prévisibles, les conséquences commencent à se faire sentir.
Hier, la Fédération des contribuables allemands a accusé 700 communes d'avoir laissé des plumes dans des spéculations. A Madrid, une centaine d'épargnants, qui ont vu leurs économies s'évaporer avec Lehman Brothers, ont manifesté leur colère, tandis que des millions d'Américains ont des sueurs froides à force de voir leurs retraites faire le yo-yo. On rentre vraiment dans la crise », a prévenu hier le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, Jean-François Roubaud, évoquant des « difficultés de trésorerie » pour les PME. HongKong se prépare à une récession tandis que la Chine voit chuter les prix de produits qu'elle exporte, dont l'acier. Prévoyante, la Banque mondiale envisage un fonds pour les banques des pays émergents. Personne n'est à l'abri. La Hongrie est sur le point d'être secourue par le Fonds monétaire international et l'Union européenne, et l'Islande est au bord de la faillite. Autant dire que si les marchés sont un bon thermomètre, le malade est loin d'être guéri.