La crise financière, une crise de foi

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Publié le 13 octobre 2008.

ECONOMIE - Crise de confiance, crise de croyance, c'est dans la tête que ça se passe...

La crise financière n’est pas qu’une question d’argent, c’est aussi dans la tête. Gouvernants, patrons, traders, particuliers: les facteurs psychologiques et comportementaux sont primordiaux. S’ils ne sont pas à l’origine de la situation actuelle, ils expliquent pourquoi elle s’envenime malgré les efforts plus ou moins coordonnés des gouvernements.

Crise de confiance

«Le facteur psychologique joue un rôle essentiel, car c’est avant tout une crise de confiance», explique Louis Lévy-Garboua, professeur d’économie comportementale à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Pour lui, c’est la panique qui l’emporte, alors que «globalement, les gouvernements prennent de bonnes mesures». Mais l’absence de coordination n’est pas rassurante, «de même que les attitudes de sauve-qui-peut et les cavaliers seuls».

«Les hésitations qui ont entouré l’adoption du plan Paulson ont brisé l’élan de confiance qu’il avait suscité», estime Louis Lévy-Garboua. Mais surtout, au départ, «on a plus cherché des coupables que des solutions», regrette-t-il. Même s’il reconnaît que le réflèxe est humain, il affirme qu’il est urgent de «soutenir les coupables, quitte à les punir ensuite».

Crise de croyance

Frédéric Lebaron, professeur de sociologie à l’Université de Picardie Jules-Verne, confirme la «logique de panique» dans laquelle sont entrés les marchés et parle de «dynamique de crise de système». Et la situation est aggravée par «une absence d’anticipations positives auxquelles se raccrocher, avec la crainte d’une contamination de l’économie réelle».

Le sociologue estime que l’«hypermédiatisation du phénomène, et la communication tous azimuts sur le sujet envenime la crise». Mais, au-delà d’une perte de confiance dans le marché, il juge qu’«on assiste à une véritable crise de croyance, avec une remise en cause globale du système».

Comment changer la donne?

Pour Louis Lévy-Garboua, il convient de «siffler la fin du chaos et dire “ressaisissez-vous“, un peu comme l’a fait Jean-Claude Trichet». Mais pour l’économiste, «le seul moyen de sortir de la spirale est que l’ensemble des gouvernants adresse un message solennel, accompagné d’une action collective de grande ampleur». Dans ce cadre, la balle est dans le camp du G7, qui se réunit ce vendredi à Washington.

Frédéric Lebaron pense, lui, que le salut passe par «un changement relatif du système». Un objectif ambitieux. «Difficile de savoir dans quelle mesure et dans quelle proportion ce changement interviendra, convient-il, mais il paraît inéluctable».
Julien Ménielle
Emploi

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