POLITIQUE - Le président de l'Assemblée nationale propose de lancer «un grand emprunt d'Etat» et «une amnistie fiscale»...
Bernard Accoyer réfléchit tout haut et n'a pas peur de susciter la polémique. Le président de l'Assemblée nationale propose dans
un entretien vendredi dans «Les Echos» de lancer «un grand emprunt d'Etat» et «une amnistie fiscale» pour faire financer une partie de la crise par les expatriés fiscaux.
«Pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'Etat, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie?», propose Accoyer. «Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'Etat?», ajoute-t-il.
«Nous ne devons nous interdire aucune voie de réflexion afin que la France puisse sortir de cette crise et rebondir le mieux possible. S'agissant de l'amnistie, je pense à nos compatriotes, pas aux dirigeants qui ont pu être défaillants», explique-t-il.
«Une insulte», selon le PS
Si Accoyer veut penser sans tabou, la ligne jaune est franchie pour le Parti socialiste: «Cette proposition est tout bonnement une insulte aux Français et à toutes les victimes de la crise, de plus du fait de la fonction de son auteur, elle constitue une grave faute», déclare Razzy Hammadi, secrétaire nationale du PS.
«La majorité UMP continue sa "berlusconisation" dans un contexte de souffrance, de crainte et d'exigence de moralité pour une grande majorité de France», ajoute-t-il. Pour Philippe Martin, député socialiste du Gers, membre de la Commission des finances, cette proposition qualifiée de «ballon d'essai» ne pourra être perçue «qu'extrêmement négativement par ces Français qui souffrent et qui eux payent régulièrement leurs impôts en France».
Qu'en pensez-vous? Les riches expatriés peuvent-ils voler au secours des banques?
V.G. (avec agence)