Les banques centrales frappent fort pour tenter de restaurer la confiance

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Publié le 13 octobre 2008.

FINANCES - Pour la première fois depuis 2001, sept d'entre elles ont baissé leurs taux directeurs...

Du jamais vu. Sept banques centrales mondiales ont frappé fort ce mercredi en abaissant de manière concertée et inattendue leurs taux directeurs. La Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed), et leurs homologues suédoise, britannique, canadienne et suisse ont toutes baissé leurs taux respectif d'un demi-point. Et au même moment la Chine a elle aussi annoncé une baisse des taux des prêts à un an.

Il faut remonter à 2001, après les attentats du 11 septembre, pour retrouver un exemple comparable d'action concertée, mais de moindre ampleur.

«La méfiance entre les banques peut perdurer»

Une baisse des taux est l'instrument principal à la disposition des banques centrales pour diminuer le coût du refinancement des banques. En zone euro, il passe désormais à 3,75% et aux Etats-Unis à 1,5%. Les banques peuvent emprunter de l'argent plus facilement aux banques centrales et donc se prêter de nouveau de l'argent entre elles, à un tarif moins élevé. Résultat attendu: le crédit repart, et avec lui l'immobilier et l'investissement des entreprises.

Problème, «les taux du marché bancaire peuvent malgré tout rester élevés, explique Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Actuellement, les prêts à court terme (une semaine) se monnayent à environ 5%. Même si les banques centrales baissent leurs taux, ce qui est tout à fait nécessaire, la méfiance entre les établissements peut perdurer. Personne ne sait exactement dans quelle situation se trouve chaque banque.»

Les marchés boursiers continuent de chuter

Autre effet inattendu: «Le fait que les banques centrales agissent de cette façon laisse entendre à quel point la situation est grave», ajoute Mathieu Plane.

Après avoir remonté un peu, les marchés boursiers chutaient ainsi très sévèrement ce mercredi. «Ils ont également conscience que les bénéfices de cette baisse des taux ne se feront pas sentir tout de suite», estime le spécialiste.

Un remède efficace mais insuffisant

Le président de la Banque de réserve fédérale de Philadelphie, Charles Plosser, a lui-même jugé ce mercredi qu'une baisse des taux de la Fed mettait au moins neuf mois avant de se faire sentir sur l'activité économique.

Conclusion, cette baisse des taux d'intérêt est un levier incontournable pour régler en partie la crise de la liquidité à court terme. Mais pour que la confiance des banques, et donc des marchés, soit vraiment restaurée, «les banques centrales devront peut-être procéder à de nouvelles baisses de leur taux et l'Europe continentale devrait peut-être envisager un plan de sauvetage concerté, à l'américaine ou à l'anglaise», pronostique Mathieu Plane. Pour l'instant, les gouvernements européens n'ont accordé leurs violons que sur la protection de l'épargne.
Catherine Fournier (avec agence)
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