CRISE ECONOMIQUE - Le pays se dote d'un arsenal législatif pour prendre le contrôle de son système financier...
L’Islande, l’un des pays les plus prospères de l’OCDE, est-elle au bord de la «faillite», comme l’a annoncé Geir Haarde, le Premier ministre de l’île?
Le redressement de l'Islande prendra «des années», a averti mercredi Haarde. «Nous sommes optimistes. Nous avons des ressources sur terre comme en mer», a-t-il fait valoir, dans une allusion notamment aux fonderies d'aluminium et à la pêche, deux secteurs clés de l'économie nationale.
Reins pas assez solides
Mais il a également précisé que l'Islande, petit pays de 313.000 habitants, n'avait pas les reins assez solides pour affronter seul la tempête, alors que le secteur financier représente huit à neuf fois son Produit intérieur brut.
Pour Richard Portes, un expert de la London Business School interviewé par le «Guardian», la situation a été largement «exagérée».
Elle a néanmoins conduit le gouvernement islandais à voter lundi soir une loi d’urgence lui permettant de prendre le contrôle de tout le système bancaire. Une décision unique en Europe qui n’est pas sans conséquences pour ses relations avec ses partenaires.
Deux banques nationalisées en huit jours
En effet l’impact de la crise est énorme, car l’économie de ce pays nordique est largement basée sur le système financier. La crise actuelle menace donc aujourd’hui toute son économie, déjà affaiblie par une inflation de 15%. Depuis le début de l’année, la monnaie du pays a également perdu 33% de sa valeur face à l’euro.
Deux des principales banques islandaises Glitnir et Landsbanki, ont donc été nationalisées en moins de huit jours: le gouvernement ayant annoncé ce mardi la prise de contrôle de la Landsbanki pour une «période indéterminée» selon le site Icenews.
«Il faut chercher de nouveaux amis»
Une crise dans laquelle l'Islande se sent bien seule. Hormis la Suède qui a offert 500 millions de liquidités à Kaupthing, la première banque du pays, selon Le Point, les partenaires habituels de l’Islande n’ont pas apporté «le soutien que nous attendions», selon Geir Haarde.
D’autant qu’en gelant les dépôts des épargnants britanniques d’une filiale de la Landsbanki, l’Islande a fâche Londres. Gordon Brown a en effet annoncé ce mercredi avoir lancé une action en justice contre le pays «pour récupérer l'argent perdu».
«Dans une situation comme celle-là, il faut chercher de nouveaux amis», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse prononcée ce mardi. C’est ce que le gouvernement islandais a fait en se tournant vers la Russie. Montant des fonds demandés: 4 milliards d’euros. Les négociations sont en cours.
Haarde dit en revanche avoir décliné pour le moment une offre du Fonds monétaire international, qui avait dépêché une mission d'urgence sur l'île.
Avec agence