CRISE FINANCIERE - Le gouvernement va partiellement nationaliser les banques et injecter 65 milliards d'euros...
Le plan de secours est gigantesque. Downing Street va partiellement nationaliser les plus grandes banques britanniques, pour tenter de stabiliser le système financier. La décision, inimaginable il y a seulement quelques semaines, met fin à deux décennies où l’idéologie dominante était les privatisations.
Le plan de secours va-t-il marcher? «Espérons-le», estime George Osborne, l’un des leaders de l’opposition conservatrice. Mais même lui, qui soutient pourtant le plan, n’est plus sûr de rien.
«On a retiré notre épargne de la banque»
Dans les rues britanniques, la garantie du gouvernement ne rassure qu’à moitié. Jay et Alia, qui habitent à proximité du quartier d’affaires de Canary Wharf, n’ont plus aucune confiance en leurs banques. «On a retiré toute notre épargne, qui était répartie dans trois comptes de trois banques différentes, explique Jay, 23 ans, qui sort d’une agence Barclays. J’ai mis l’argent sous le lit de ma mère!»
N’est-ce pas risqué d’avoir ainsi de l’argent liquide sous un matelas? «Au moins, s’il y a un cambriolage, on comprendra ce qu’il s’est passé, répond Alia. C’est plus compréhensible que ce qu’il se passe avec la crise du crédit.»
Vent de morosité à la City
Leur cas demeure exceptionnel. La plupart des Britanniques ont conservé leur argent à la banque, mais ils commencent à sérieusement se faire du souci. «Je m’inquiète, avoue Suzan, 51 ans, à la sortie d’une agence Lloyds TSB située en bordure de la City. Mais cela fait tellement longtemps que j’ai mon argent dans cette banque… Et puis, je transférerais mon argent pour le mettre où?»
Océane, une Française qui vient d’emménager à Londres et travaille comme consultante pour de grandes entreprises, souligne le vent de pessimisme qui souffle sur la City. «L’ambiance a changé récemment. Il y a une vraie morosité dans l’air. Les médias nous bassinent tellement avec la crise bancaire que même les gens qui ne sont pas touchés commencent à s’inquiéter.» Il ne reste encore que Grace, 29 ans, pour ne se faire aucun souci. Son secret? «Je n’ai aucune économie, pas d’emprunt et pas de carte de crédit.»
De notre correspondant à Londres, Eric Albert