Le gouvernement britannique met à la main à la poche pour sauver ses banques

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Publié le 13 octobre 2008.

ECONOMIE - Il a annoncé mercredi une nationalisation partielle des plus grandes banques du pays, d'une valeur de 50 milliards de livres...

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi une nationalisation partielle des plus grandes banques du pays, d'une valeur de 50 milliards de livres (65 milliards d'euros). Décryptage de ce plan Paulson couleur locale.

Comment l'Etat britannique intervient-il dans le système bancaire?

Les autorités vont prendre une participation dans les huit plus importantes banques du pays, pour un montant pouvant aller au total jusqu'à 50 milliards de livres. Cette mesure sera accompagnée du déblocage de 200 milliards de livres (260 milliards d'euros) destinés à soulager le manque de liquidités.

Si le plan Paulson américain consiste à racheter les actifs pourris des banques, le plan du gouvernement britannique prend une autre direction: en injectant 50 milliards de livres dans les banques, le chancelier Gordon Brown procède à une nationalisation partielle des établissements financiers.

Comment a réagi la bourse anglaise?

Le plan, finalisé quelques heures seulement avant son annonce vers 8h30 (heure de Paris), n'a pas réussi à relancer les marchés financiers. La Bourse de Londres est repartie nettement à la baisse à l'ouverture, à l'instar des autres places européennes et des Bourses asiatiques. Peu avant 10h, l'indice londonien Footsie perdait près de 4%.

Les banques britanniques faisaient cependant largement mieux que le marché, renouant avec la hausse après avoir dévissé lundi et mardi. HBOS rebondissait de près de 30%, RBS de plus de 10% et Lloyds TSB de plus de 8%.

Pourquoi un tel virage du gouvernement britannique ?

Ce plan de sauvetage constitue une nouvelle illustration du virage stratégique spectaculaire opéré par Gordon Brown et Alistair Darling. Accusés d'avoir tergiversé au moment du sauvetage de Northern Rock, qu'ils s'étaient résolus à nationaliser en février après cinq mois d'une lente agonie, ils ont pris le taureau par les cornes depuis l'aggravation de la crise financière à la mi-septembre et le dépôt de bilan de Lehman Brothers.

Coup sur coup, le gouvernement a donné son blanc-seing à l'achat d'urgence d'HBOS par Lloyds TSB, une transaction pour laquelle il va faire une entorse aux règles de la concurrence, puis a nationalisé la banque en difficulté Bradford & Bingley, dont il a aussitôt revendu les meilleurs actifs à l'espagnole Santander. Le plan annoncé mercredi est la suite logique de ces décisions.

L'investissement est lourd, quelles garanties pour le contribuable britannique?

Gordon Brown a assuré que l'intérêt des contribuables avait été «protégé». «Soyons clairs: en retour de tout cela, le contribuable doit y voir un certain avantage», a-t-il dit, promettant que le gouvernement se verra notamment attribuer des «dividendes» pour les actions qu'il prend dans les banques.
V.G. (avec agence)
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