ECONOMIE - Elle sera relevée au moins à 50.000 euros, mais certains pays grincent des dents...
Un accord à l'arraché. Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour appeler à l'unité de l'Union européenne face à la crise financière, les ministres européens des Finances semblent enfin s'être mis d'accord sur au moins une mesure ce mardi.
Ils ont décidé de relever de 20.000 à au moins 50.000 euros le montant minimum de garantie bancaire des particuliers en cas de faillite de leur banque, a indiqué à l'AFP une source européenne, soulignant que «de nombreux Etats membres sont déterminés à augmenter la couverture au moins jusqu'à 100.000 euros».
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L'objectif des pays européens est de rassurer les épargnants pour éviter une crise de défiance prolongée à l'égard des banques qui pourrait entraîner des retraits massifs des comptes. L'accord est moins ambitieux que l'objectif initial qui était de porter le seuil minimal à 100.000 euros pour tous. Mais plusieurs pays de l'UE, notamment de nouveaux Etats membres d'Europe de l'Est, mais aussi le Danemark ou la Finlande ont fait valoir qu'un tel montant aurait été trop lourd à assumer budgétairement pour eux.
Pour un certain nombre de pays, cette décision ne changera rien dans l'immédiat. La France, par exemple,
offre déjà une garantie à hauteur de 70.000 euros pour les dépôts et pour les titres, très supérieure donc au minimum requis de 20.000 euros dans l'UE. L'Italie garantit l'épargne jusqu'à 103.291 euros. Mais les Pays-Bas apportent une couverture de 38.000 euros.
En ce qui concerne la France, aucune annonce n'a été faite par Bercy pour le moment. Seuls les dépôts des clients d'ING Direct France, succursale du groupe bancaire néerlandais ING, seront garantis à hauteur de 100.000 euros en cas de faillite de leur banque, a annoncé ING.
Par ailleurs, pour tenter de rassurer les marchés financiers, les ministres ont affirmé qu'ils soutiendraient tous leurs grands groupes financiers dont les difficultés auraient un impact sur le système dans son ensemble. Une déclaration en ce sens a été adoptée lors de la réunion de Luxembourg, selon le secrétaire d'Etat allemand aux Finances Jörg Asmussen
Les Espagnols toujours vexés
Les pays de l'Union européenne sont «déterminés à agir de façon coordonnée» face à la crise financière, a réaffirmé la ministre française des Finances, Christine Lagarde, dont le pays préside l'UE, à l'issue d'une réunion avec ses homologues. Les 27 veulent ainsi afficher un front commun après
les politiques du chacun pour soi suivies jusqu'ici par les pays pour sauver leurs banques ou rassurer les petits déposants.
Des dissensions perdurent malgré tout. La chancelière allemande Angela Merkel a estimé ce mardi la stratégie suivie unilatéralement par l'Irlande pour protéger ses banques était «inacceptable». «Protéger sans concertation certaines banques sans accorder la même protection à des banques internationales qui paient depuis longtemps des impôts en Irlande entraîne des distorsions de concurrence qui, de mon point de vue, ne sont pas acceptables.»
Le gouvernement espagnol a quant à lui de nouveau critiqué la mini-réunion à quatre (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie) sur la crise financière, organisée samedi à Paris. «Je préfère quasiment qu'on ne nous invite pas à ce genre de réunions car elles ne servent pas à grand chose. Parce que l'Europe, c'est 27 pays. Et que quand on en invite quatre, cela met de mauvaise humeur les 23 autres et que cela complique les accords», a déclaré le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez. L'entretien entre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et Nicolas Sarkozy, vendredi à Paris, s'annonce tendu.
C. F. (avec agence)