UNION EUROPEENNE – Avant de pouvoir réunir le G8, le Président français convoque un G4 européen avant la fin de la semaine...
Nicolas Sarkozy prend très à cœur son rôle de président tournant de l'Union européenne. Après avoir
joué les pompiers en Géorgie, le président français se montre déterminé à organiser la riposte européenne à la crise financière. Problème: l'Allemagne d'Angela Merkel traîne les pieds.
Les bases idéologiques de son action ont été posées lors du
grand discours économique de Toulon la semaine dernière: réunir les grands de ce monde pour un nouveau «Bretton-Woods», «refonder le capitalisme sur une éthique de l’effort et du travail», et ne pas hésiter à injecter de l'argent public pour amortir la débâcle des banques.
Avant de pouvoir convoquer tous les membres du G8, Nicolas Sarkozy doit se contenter d'un «G4» prévu pour samedi avec les 3 autres membres européens du club des 8: la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie. Sont aussi conviés José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour l'Eurogroupe, et Jean-Claude Trichet, patron de la BCE.
L’Allemagne préfère agir au cas par cas
Mais pas question pour les invités de Sarkozy d'en rester à l'incantation, bref de faire du «Toulon». «Les mots ne comptent pas. Seuls les actes comptent», laissent entendre les pontes de la BCE. Reste à s'entendre sur la réponse que doit apporter l'Europe à la crise.
Et dans ce débat délicat, Nicolas Sarkozy devrait retrouver sur son chemin Angela Merkel qui ne souhaite «pas accorder de chèque en blanc aux banques». L'Allemagne, qui préfère agir au cas par cas, ne veut pas de la solution de Christine Lagarde qui
évoque ce jeudi matin dans la presse allemande l'idée d'un fonds de secours européen pour les banques.
Polémique autour d’un plan de 300 milliards d’euros
Entre l'interventionnisme français et la prudence allemande, l'Union européenne devra trancher. Les débats seront à coup sûr influencés par la polémique suscitée mercredi par
la rumeur d'un plan d'aide européen aux banques de 300 milliards d'euros. La France, un temps citée à l'initiative de ce plan, a immédiatement
démenti.
Mais le mal est fait. Les partenaires européens sentent que la France veut intervenir avec force pour restaurer la confiance. Une impression qui ne sera que renforcée par les propos ce jeudi d'Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy: les critères de Maastricht «ne sont pas la priorité des priorités. La priorité, c'est de sauver le système bancaire mondial et par conséquent de sauver les économies des citoyens, il n'y pas d'autre choix».
Vincent Glad