La réponse à la crise financière doit être «européenne», pas «française»

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Publié le 30 septembre 2008.

REACTIONS - L'opposition y va de ses propositions après la réunion de crise de Nicolas Sarkozy avec les banquiers et assureurs...

L'opposition, MoDem compris, se montrait sceptique après les annonces de Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion de crise avec les banquiers et assureurs.

Le Président a déclaré qu'il prendrait de nouvelles mesures d'ici à la fin de la semaine pour assurer le financement des PME et des ménages dans la tourmente financière actuelle, sans autre précision sur leur teneur.

Convoquer une réunion au niveau européen

«Tant que l'on fera croire que c'est à Paris que (...) pourraient se trouver les réponses à cette crise, on raconte des histoires, ce sont des balivernes», a réagi François Bayrou sur France 2. Pour le président du MoDem, «il ne peut y avoir de réponse solide et structurée qu'au moins dans le cadre européen des pays qui partagent entre eux la même monnaie. Tant qu'on ne fait pas ça, on est dans l'apparence».

Selon lui, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne depuis juillet, «était en situation et en légitimité de convoquer d'urgence une réunion qui aurait eu un objet du même ordre que ce que les Etats-Unis sont en train de vivre et de faire».

Modifier les traités européens afin de pouvoir «lever un emprunt»

Benoît Hamon, candidat à la succession de François Hollande à la direction du PS, a déploré quant à lui que face à la crise économique «le gouvernement donne l'impression de ne rien contrôler du tout» tandis que le président de la République «raconte à peu près n'importe quoi».

Après avoir sous-estimé les conséquences que pourrait avoir la crise financière en France, «on sonne le tocsin, l'alarme générale», l'eurodéputé, chef de file de l'aile gauche du PS, sur la radio BFM. Benoît Hamon a souhaité qu'en tant que président de l'UE, Nicolas Sarkozy «prenne au moins une initiative sur une question centrale en Europe: l'existence des paradis fiscaux». Il a également plaidé pour le lancement d'«un grand plan de relance de l'économie européenne» prônant une modification des traités européens afin de pouvoir «lever un emprunt».

Créer une commission parlementaire sur la crise

La porte-parole du groupe PS a également estimé nécessaire «une réponse européenne à la crise. Or la France a perdu toute crédibilité auprès de ses partenaires européens et internationaux parce qu'elle est dans une situation des finances publiques catastrophiques». Que le gouvernement «ne vienne pas appeler à l'unité nationale alors que depuis un an nous n'avons eu de cesse de demander la vérité des chiffres sur la croissance, sur le chômage, sur les perspectives mondiales et n'avons eu de cesse de dénoncer les mensonges du gouvernement», a ajouté Aurélie Filippetti.

Dans le même esprit, Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, a estimé que le gouvernement devait «rendre des comptes» devant le Parlement au sujet de la crise financière. Les députés PCF réitèrent en outre leur demande de création d'une commission parlementaire.
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