De mal en pis. La Chambre des représentants américaine a rejeté hier soir le plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, destiné à stabiliser le système financier américain. Par 228 voix contre et 205 pour, la Chambre a refusé au secrétaire au Trésor, Henry Paulson, les moyens qu'il demandait pour éviter la déroute bancaire, rendant impossible l'adoption prévue mercredi. Plus de 200 établissements du pays ont mis la clé sous la porte et depuis le printemps, les colosses sont touchés, à commencer par Bear Stearns, sauvé par l'Etat, jusqu'à Lehman Brothers, abandonné à son triste sort. Cette intervention historique de l'Etat dans le secteur privé visait à racheter les actifs douteux des banques en difficulté du fait de la crise immobilière (lire ci-dessous).
La Bourse de New York a chuté après le vote, le Dow Jones perdant 4,75 % et le Nasdaq, 6,90 %. La semaine dernière, les marchés s'étaient stabilisés, rassurés par l'ampleur de l'intervention préconisée par le gouvernement. Enfin jusqu'à hier, marqué par une nouvelle salve d'effondrements, qui ont frappé la quatrième banque américaine, Wachovia, et des banques européennes. Tandis que la première était contrainte à un rachat d'urgence par Citigroup, les gouvernements européens ont dû entrer dans la danse, avec des nationalisations en Grande-Bretagne et en Islande. Premier pas de la crise en France, Dexia - dont la Caisse des dépôts et consignations française est actionnaire - bat de l'aile. La Belgique a annoncé hier soir un renflouement. Les jours qui viennent promettent d'être mouvementés. La crise est loin d'être terminée.