La banque Wachovia rachetée par Citigroup, faillite, à qui le tour

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Publié le 30 septembre 2008.

CRISE FINANCIERE - Citigroup reprend en urgence Wachovia, la 4e banque américaine, tandis que National City...

Henry Paulson n’aura bientôt plus assez de doigts pour colmater les brèches ouvertes par la crise financière. Lundi, les autorités américaines ont dû organiser en urgence la reprise de la quatrième banque du pays, Wachovia, par sa grande concurrente Citigroup, acceptant au passage de prendre le risque d'importantes pertes pour éviter des répercussions en chaîne dans l'économie.

Une faillite de Wachovia aurait présenté «un risque systémique», a plaidé le secrétaire au Trésor. Les autorités ont reconnu que l'opération était risquée pour les finances publiques, mais assuré qu'au final le contribuable ne devrait pas être sollicité.

Si les autorités américaines ont affirmé que Wachovia n'était pas en faillite, l'annonce même de l'accord semble attester du contraire: elle a été faite non par les groupes concernés mais par l'organisme fédéral de dépôts bancaires, la FDIC, dont l'une des missions est d'assurer la gestion des actifs des institutions en faillite.

812 milliards d’actifs

Wachovia détenait à la fin juin pour 812 milliards de dollars d'actifs, pour l'essentiel sous forme de prêts. Une défaillance de l'établissement de aurait pu avoir un impact massif sur une économie américaine déjà mal en point.

L'effondrement boursier de Wachovia --le titre a perdu 73% de sa valeur en un an et la tendance d'accélérait ces derniers jours-- faisait craindre une accélération des retraits de dépôts à ses guichets, selon un scénario qui a été fatal la semaine dernière à sa concurrente Washington Mutual.

Le schéma retenu prévoit la reprise des activités bancaires de Wachovia par Citigroup, pour 2,15 milliards de dollars. Le groupe Wachovia continuera à exister et à être coté en bourse, mais «recentré» sur ses seules activités de courtage et de gestion d'actifs, fortement développées depuis dix ans.

Citigroup a accepté de supporter jusqu'à 42 milliards de pertes sur un portefeuille de prêt à risques de Wachovia chiffré à 312 milliards de dollars. Au delà de ce montant, les pertes seront assumées par le contribuable, via la FDIC. Citigroup va compenser l'Etat pour ce risque en lui accordant 12 milliards de dollars en titres préférentiels et en warrants.

National City au bord du gouffre

La grande banque régionale National City, qui compte parmi les dix premiers établissements bancaires américains, a, de son côté, perdu 63% sur la seule séance de lundi, le marché spéculant qu'elle pourrait être la prochaine à faire faillite, après Washington Mutual. L'action National City a clôturé à 1,36 dollar, ce qui ramène la valeur boursière du groupe de Cleveland (nord des Etats-Unis, au cœur de la rust belt) à 1 milliard de dollars. En un an, sa capitalisation boursière a été amputée de 95%.

 

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