CRISE FINANCIERE - Les autorités assurent toutefois que les clients ne subiront aucune conséquence...
Les autorités américaines
ont prononcé jeudi soir la faillite de la caisse d'épargne Washington Mutual, la plus grosse jamais vécue par le secteur bancaire aux Etats-Unis. Le groupe financier, fondé en 1889 à Seattle (nord-ouest des Etats-Unis), a été fermé et ses seules activités bancaires ont été transférées à son concurrent JPMorgan Chase pour 1,9 milliard de dollars.
«Signifier au Congrès de se dépêcher»
L'insolvabilité de «WaMu», dernière conséquence dramatique en date de la crise du crédit, intervient alors même que les négociations sur le plan d'aide au secteur financier, d'un montant de 700 milliards de dollars,
ont échoué jeudi à Washington.
«C'est sans doute parce que le plan n'était pas encore adopté que la faillite de la banque a été précipitée, note Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de haute finance et professeur à l’université Paris X. Car WaMu était au départ concernée par ce plan. C'est peut-être une façon de signifier au Congrès de se dépêcher.»
«Situation dangereuse et malsaine»
La fin de l'indépendance de Washington Mutual, l'un des établissements les plus affectés par la crise de crédits hypothécaires à risques, a été prononcée par le Bureau fédéral de contrôle des caisses d'épargne (OTS) et la cession de ses actifs gérée par l'Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (FDIC).
Cette décision a été prise alors que les clients de WaMu avaient procédé depuis le 15 septembre à 16,7 milliards de dollars de retraits, a expliqué l'OTS. «Avec des liquidités insuffisantes pour faire face à ses obligations, WaMu se trouvait dans une situation dangereuse et malsaine pour poursuivre ses activités», a-t-il ajouté.
Pas de conséquence pour les clients
La FDIC assure de son côté que les clients ne subiront aucune conséquence et que l'activité de WaMu reprendra normalement dès vendredi.
JPMorgan va reprendre l'intégralité du portefeuille de prêts de la WaMu, qui détient 307 milliards d'actifs, ainsi que ses dépôts qui représentent 188 milliards. Le groupe injectera par ailleurs un montant de 31 milliards de dollars pour nettoyer les comptes. JPMorgan va ainsi devoir lever 8 milliards de dollars de capital. En revanche,
précise «Le Figaro», JP Morgan ne reprendra ni la dette ni le
capital social, ce qui signifie pour les actionnaires et les créanciers qu'ils devront se résoudre à tout perdre.
La crise ne fait pas que des victimes. Avec WaMu, JPMorgan Chase,
qui a déjà repris Bear Stearns en mars dernier, devient la plus grosse banque de dépôts américaines (avec 900 milliards) et accroît sa présence sur la côte ouest.
C. F. (avec agence)