Discours de Nicolas Sarkozy à Toulon: ce qu'en pensent les économistes

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Publié le 26 septembre 2008.

ECONOMIE - Ils se montrent plutôt sceptiques...

Les économistes se montraient plutôt sceptiques après le discours prononcé jeudi à Toulon par Nicolas Sarkozy sur la crise économique.

Marc Touati, Global Equities

«C'est très imprécis. Il y a toujours cette recherche du bouc émissaire qui n'a pas de sens. C'est un peu facile de mettre tout sur le dos de la crise financière alors que le ralentissement de la croissance est là depuis un an.» «On est entré en récession, le président Sarkozy le reconnaît implicitement. Mais on essaie de détourner l'attention vers la crise tout en sachant que le problème numéro 1 de l'économie française c'est une pression fiscale trop forte, en particulier sur les entreprises, et une dépense publique trop importante et trop inefficace.»

«Par ailleurs, augmenter encore la réglementation sur les banques, qui sont déjà très réglementées en France, me paraît contre-productif.»

Xavier Timbeau, OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques)

«La crise est le moyen de renouveler sa politique économique» mais «acter la fin du capitalisme et reconstruire une nouvelle époque», «cela reste plus incantatoire que très concret». «Dans la refondation du capitalisme, la dimension mondiale est essentielle. Ce n'est pas la France toute seule qui va refonder le capitalisme.»

«Si l'Europe veut jouer un rôle (...) il faut qu'elle mette de l'argent sur la table. Si on veut décider, il faut payer. C'est une discussion à mener au niveau européen. (...) «Est-ce que ce discours va être mobilisateur en Europe, c'est une vraie question. Pour le moment les autres dirigeants européens restent très discrets.»

- Laurence Boone, Barclays Capital

«C'est un discours très volontariste, très général, mais il n'y a pas vraiment eu d'annonces, de mesures concrètes. (...) Ce qui risque de fâcher les marchés, c'est quand Nicolas Sarkozy parle de réglementation du système monétaire ou de revoir les objectifs de politique monétaire. (...) Lorsqu'il dit qu'il veut garantir l'argent des petits épargnants, cela peut sembler un peu inquiétant pour l'équilibre budgétaire car avec quel argent va-t-il le faire?»

«La seule mesure positive pour les finances publiques, c'est la révision des échelons territoriaux, qui était une des mesures préconisée dans le rapport Attali, et la réduction de 30.600 emplois de fonctionnaires.»

- Alexander Law, Xerfi

«Le Président de la République reconnaît que la croissance française a été ou sera affectée par la crise internationale. (...) Il a également affirmé être prêt à intervenir en cas de dégradation trop rapide de la conjoncture économique. A priori cela se traduirait alors par un creusement du déficit, qui pourrait dépasser assez sensiblement les 3% du PIB. Dans ces conditions, l’objectif du déficit zéro en 2012 apparaît pour le moins irréaliste.»

«Afin d’éviter de trop creuser le déficit, le Président a insisté sur les réformes qui ont déjà été menées et notamment sur les suppressions de postes dans la fonction publique. Cela permet sans doute de réduire les dépenses, mais il apparaît que ces mesures, seules, ne seront pas suffisantes pour éviter un dérapage en 2008 et 2009.»
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