L'opération ne devrait pas faire intervenir le fonds fédéral chargé de garantir les dépôts bancaires, déjà dégarni par les douze défaillances bancaires intervenues aux Etats-Unis depuis le début de l'année.
Chute de 90% en un an
Pour comprendre, c’est un peu comme si en France BNP Paribas rachetait les activités bancaires de la Caisse d’Epargne. Washington Mutual, basée à Seattle est la sixième banque américaine par les actifs. A l'origine simple caisse d'épargne, l'établissement a connu une croissance accélérée pendant la bulle immobilière, en développant massivement ses activités hypothécaires.
Le retournement du marché du logement a fait de Washington Mutual l'un des établissements américains les plus fragiles. Depuis des mois, les marchés spéculaient sur sa possible défaillance, alors même que ses ratios financiers ont toujours été jugés satisfaisants par le régulateur.
Jeudi, son titre a terminé à 1,69 dollar, en retrait de 25,22%. En un an, sa valeur boursière a chuté de 90% et la société n'est plus valorisée en bourse que 2,9 milliards de dollars. Une misère pour une banque dont les actifs atteignaient encore 310 milliards de dollars à la fin juin.
Les activités de Lehman Brothers en Europe valent 2 dollars
Par ailleurs, le groupe japonais de services financiers Nomura Holdings n'a payé que deux dollars symboliques pour la reprise des activités de courtage et de banque d'investissement de Lehman Brothers en Europe et au Moyen-Orient.
Ce prix dérisoire s'explique par le fait que Nomura n'a repris ni les actions, obligations ou autres actifs détenus par Lehman, tout en garantissant à une majorité des 2.500 salariés des activités reprises qu'ils conserveraient leur emploi.