CRISE - Devant les militants UMP le chef de l'Etat doit préciser sa pensée...
Le président de la République a choisi de s'exprimer la veille de la présentation du budget 2009-2011 de l'Etat et quelques jours avant celle du budget de la Sécu, lundi, deux textes décisifs pour l'action gouvernementale.
Or depuis quelques semaines, tout et son contraire a fuité sur leur contenu, déboussolant l'UMP, les partenaires sociaux, les associations, les consommateurs et le contribuable. Le 11 septembre, Nicolas Sarkozy expliquait que la crise «n'était pas une raison pour arrêter les réformes, mais au contraire pour aller plus loin». Ce jeudi soir à Toulon, il devrait expliquer où.
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Le déficit. La crise économique complique significativement l'équation budgétaire. A moins de réduire les dépenses, contenir le déficit, comme promis à Bruxelles, semble difficile. Avec 1% de croissance espéré en 2008, 2% en 2009 est compromis. Outre 30.600 suppressions de postes dans la fonction publique, même les budgets prioritaires comme la recherche risquent d'être touchés.
L'environnement. Vendredi dernier, le Président a renvoyé la croissance verte (bonus-malus automobile étendu à une vingtaine de produits, taxe «pique-nique» sur les produits jetables etc) aux calendes grecques. Une décision soutenue par Bercy, qui martèle que le bonus auto faire perdre à l'Etat plus d'argent que ne lui en rapporte le malus. Seule survivante, a priori, une taxe sur les activités industrielles les plus polluantes.
La fiscalité. Ecotaxes, taxes sur le poisson (pêcheurs), sur les opérateurs mobiles (pour la télévision publique), sur les assurances et mutuelles (renflouer la Sécu), l'intéressement et la participation, prime transport, taxe de 1,1% sur les revenus du patrimoine pour financer le revenu de solidarité active (RSA): après avoir décrété «les caisses vides», le gouvernement multiplie les prélèvements depuis plusieurs mois. En contradiction avec la promesse du candidat Sarkozy de ramener le taux de prélèvements obligatoires à 40 % du produit intérieur brut. Et au grand dam du Medef, qui dénonce une politique «illisible» et prédit «une catastrophe», même si la promesse de Sarkozy d'assortir de conditions les réductions de charges consenties aux entreprises (30 milliards d'euros par an) reste à réaliser.
Les inégalités. L'UMP n'a pas apprécié la taxe RSA, qui frappe trop les classes moyennes à son goût. Du coup, il est question de plafonner les avantages («niches fiscales») dont profitent les plus riches. Dans tous les cas, la marge de manoeuvre est nulle. Quelle que soit l'efficacité du paquet fiscal voté l'été après l'élection de Sarkozy, les seules heures sup défiscalisées et le bouclier fiscal coûteront 5,1 milliards d'euros cette année.
Angeline Benoit