REACTIONS - La sortie du président de la République à New York...
Silencieux depuis plus d'une semaine, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de susciter des réactions après sa première intervention sur la crise financière, lundi soir. Le Président français a réclamé des sanctions contre les «responsables» de la situation, lors d'un dîner dans un grand restaurant new-yorkais. «Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement, pour l'épargne qu'ils ont mise dans les banques», a-t-il notamment déclaré.
«Qui est responsable du désastre?»
«Notre devoir est de leur apporter des réponses claires. Qui est responsable du désastre? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités», a poursuivi le président français, sans toutefois identifier les «responsables».
Contactée par 20minutes.fr, l'Elysée n'était pas en mesure mardi après-midi de préciser les destinataires de cette critique. «Nicolas Sarkozy en dira peut-être plus
lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à 16h30 (10h30 à New York)», a-t-on seulement indiqué. Le ministère de l'Economie, lui, n'avait pas encore réagi.
La présidente du Medef dubitative
Se sentant peut-être visée, la présidente du Medef a elle aussitôt émis des doutes sur la possibilité d'identifier des responsables à la crise financière. «Je suis dubitative sur la capacité qu'on peut avoir à isoler des responsables, à repérer la part d'erreur d'appréciation de chacun», a déclaré Laurence Parisot. La solution de court terme «dépend principalement des Américains et du vote, le plus vite possible, du plan Paulson (le secrétaire d'Etat au Trésor, ndlr)», a-t-elle ajouté, soulignant que «la solution à moyen et long terme est internationale».
«La sanction, il faut d'abord la prononcer chez soi»
L'opposition est également montée au créneau, François Hollande estimant ce mardi que «la sanction, il faut d'abord la prononcer chez soi. Il faut balayer devant notre porte, en quelque sorte. Nous avons aussi des banques qui ont été touchées en France (...) Quand il y a eu l'affaire Société générale, est-ce que les dirigeants ont été sanctionnés?» Le premier secrétaire du Parti socialiste prône plutôt la création d'une «instance mondiale de régulation des systèmes bancaires» et un retour à une forme de «système monétaire international» pour prévenir les «fluctuations erratiques des monnaies et des économies» afin de sortir de la crise.
Débat: Nicolas Sarkozy appelle à des sanctions contre «les responsables» de la crise financière. Qu'en pensez-vous?
C.F. (avec agence)
Primé Nicolas Sarkozy a reçu lundi soir à New York
le «Humanitarian Award» de la Fondation Elie Wiesel pour l'Humanité. Il s'agit d'un prix spécial décerné à «des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice». La Fondation l'a décerné au chef de l'Etat français pour son action humanitaire dans les conflits internationaux et la mobilisation de millions de dollars pour l’Afghanistan et les pays africains. Ce prix avait notamment été attribué à George Bush père en 1991, pour sa lutte en faveur des idéaux démocratiques pendant la guerre du Golfe.