« Si le projet ne passe pas, que le ciel nous vienne en aide à tous. » C'est ainsi que le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a justifié samedi dans le Wall Street Journal que le contribuable essuie les pots cassés de Wall Street. Le plan concocté en pleine panique boursière et débâcle bancaire coûterait de 700 à 1 000 milliards de dollars, soit la totalité de la richesse produite en six mois par un pays comme la France. « Le risque consistant à ne rien faire est plus grand. Avec le temps, nous allons récupérer une grande partie de l'argent », a affirmé le président George W. Bush, brandissant le spectre de la grande dépression des années 1930. Le Congrès est donc prié de laisser l'Etat émettre des titres pendant deux ans pour financer le rachat des « actifs pourris » qui minent aujourd'hui les banques. Adossés sur des crédits immobiliers, ces titres ont perdu leur valeur avec l'essor du surendettement des ménages.