D'après notre ministre de l'Economie, Christine Lagarde, « le gros risque » est « derrière nous ». Reste que, si depuis 48 heures tout le gratin politique et économique de la planète a salué l'intervention américaine pour éviter un désastre, la prudence reste de mise. La planète finance n'implosera peut-être pas, mais l'économie réelle, elle, va trinquer. Déjà, l'Etat américain va creuser son déficit à un niveau qui pose la question même de sa solvabilité. Autre inconnue : le prix qu'il paiera pour les « créances empoisonnées » des banques et les pertes qu'elles peuvent ensuite lui faire subir. Rien ne garantit d'ailleurs qu'elles ne vont pas réduire les prêts aux ménages et aux entreprises. Les perspectives ne sont pas reluisantes pour le moteur de l'économie mondiale, qui tourne déjà au ralenti au détriment de tous les autres pays. Selon Natixis, la croissance mondiale, qui atteignait 4,8 % l'an dernier, sera au mieux de 3,5 % en 2009. Pas de quoi égayer les salariés, les entreprises, ceux qui ont un logement, ceux qui veulent en acheter ou encore les épargnants.