Crise financière: que risquent les particuliers français?

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Publié le 21 septembre 2008.

DECRYPTAGE - Epargne, actions, immobilier, quelles sont les conséquences?...

Si les banques françaises relativisent leurs pertes dans la faillite des géants américains Lehman Brothers et AIG, elles subissent malgré tout la crise financière et la perte de confiance qui secouent les marchés mondiaux. Preuve en est, la banque centrale a dû injecter à plusieurs reprises des sommes importantes sur le marché interbancaire afin de les aider à retrouver des liquidités. Quelles peuvent être les répercussions de cette situation sur les particuliers? 20minutes.fr fait le point.

Les ménages courent-ils un risque pour leur épargne?
«Non», répondent les économistes comme les acteurs du secteur. Premièrement «parce qu'aucune banque française n'est, a priori, pas exposée à la faillite», explique Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres. A la différence des Etats-Unis, les établissements français n'ont pas séparé leur activité «investissement», plus à risque, de leur activité «détail» (particuliers, PME), plus sûre. «Les anglo-saxons se sont longtemps moqués de nous à ce sujet, mais cette spécificité nous a sauvés du tsunami qui touche actuellement les banques d'investissement américaines», note Nicolas Bouzou. Deuxièmement, la loi de 1999 relative à l'épargne et à la sécurité financière a instauré un fonds de garantie des dépôts en banque en cas de faillite, plafonné à 70.000 euros. Troisièmement, «si une banque française était en situation de faillite, ce qui paraît très peu probable, elle serait immédiatement nationalisée», conclut Nicolas Bouzou.

Les ménages courent-ils un risque pour leurs titres?
Tout dépend du montant et de la nature des investissements en bourse. «Pour les clients qui subissent une forte moins-value sur leurs actions, il faut bien examiner la situation avant de vendre», explique à 20minutes.fr une conseillère clientèle de la banque de détail du Crédit agricole. S'ils ont besoin de liquidités, ils peuvent souscrire un crédit d'avance sur titres en attendant que le cours remonte.» Pour ceux qui, au contraire, sont en plus-value, «nous leur conseillons de transformer leurs actions ou Sicav en fonds communs de placement, un investissement qui garantit la mise de départ», poursuit-elle. Par contre, ajoute la conseillère, «c'est le moment d'acheter des actions pour ceux qui n'en ont pas, car les prix ont chuté. Des crises comme ça, on en a déjà connu plusieurs et ça remonte toujours.»

Les ménages vont-ils avoir plus de difficultés à contracter un crédit?
Oui, surtout en ce qui concerne les crédits immobiliers. Les banques ayant elles-mêmes du mal à emprunter, elles se montreront encore plus vigilantes sur l'octroi d'un prêt. «Ceux qui n'ont pas d'apport personnel risquent de voir leur dossier écarté», prévient l'employée du Crédit agricole. Les taux d'intérêt, actuellement situés à environ 5,5% sur 25 ans, «peuvent monter jusqu'à au moins 6%», pronostique Nicolas Bouzou. Ce resserrement du crédit va contribuer à faire baisser les prix du marché immobilier, «de l'ordre de -7 ou -8% par an pendant deux ou trois ans», précise l'économiste. Une bonne nouvelle pour les primo-accédants, pas vraiment pour les propriétaires et le secteur de l'immobilier en général.
Catherine Fournier
Emploi

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