In extremis. La Réserve fédérale américaine (FED) a décidé, hier, de sauver le géant mondial de l'assurance AIG, au bord du dépôt de bilan, en organisant sa quasi-nationalisation. La FED prête ainsi 85 milliards de dollars et l'Etat prend 80 % du capital. Objectif : stabiliser une économie mondiale déjà malmenée par la faillite, lundi, de la banque d'affaires Lehman Brothers. Cette opération était vitale car AIG est le leader américain de l'assurance. Son rôle est de couvrir les risques pris par les banques lors de leurs opérations. Une fonction essentiel pour le marché financier. Et pas seulement américain. La société, présente dans 130 pays, compte 116 000 salariés et 74 millions de clients dans le monde. Elle pèse 110 milliards de dollars de chiffre d'affaires, 1 050 milliards d'investissements et, à la fin juin, 78 milliards d'actions et d'obligations émises sur le marché. Le groupe AIG est notamment très bien implanté dans l'épargne et l'assurance retraite à l'étranger, via sa filiale Alico, présente dans 50 pays. Or, ses créanciers sont les plus grandes banques de la planète. En France, l'assureur AXA possède 0,05 % du capital d'AIG, qui lui doit 150 millions d'euros. Une faillite d'AIG entraînerait donc d'autres établissements dans son sillage.
C'est ce « risque systémique », c'est-à-dire celui d'un dysfonctionnement paralysant l'ensemble du système financier mondial, qui a motivé la FED à agir. « Un démantèlement d'AIG aurait pu amplifier une fragilité des marchés déjà significative et aboutir à une hausse du coût du crédit, une réduction de la richesse des ménages et donc une croissance économique significativement plus faible », a-t-elle expliqué mardi. En clair, AIG est « too big to fail », selon sa règle d'or : il fait partie des établissements financiers trop importants pour sombrer, contrairement à une vieille et vénérable institution de Wall Street comme Lehman Brothers.
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Retour sur les origines de la crise