FINANCES - Le renchérissement du crédit aura des impacts sur l'économie réelle...
Pas de panique, les banques françaises ont les reins solides. C'est ce que répètent à l'envi le gouvernement et les acteurs du marché bancaire hexagonal depuis lundi,
jour de la faillite annoncée de l'institution bancaire américaine Lehman Brothers.
Deux raisons sont avancées: premièrement, «le dispositif adopté aux Etats-Unis correspond à une situation de crise qui n’a pas d’équivalent en France», indiquait lundi la directrice générale de la maison commune des banques. Autrement dit, le système des crédits hypothécaires à risque n'a pas cours en France. Les banques françaises fondent leurs critères d’octroi des prêts immobiliers sur la capacité de remboursement de l’emprunteur et non sur la valeur du bien hypothéqué.
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Par ailleurs, «Les établissements français et européens sont en partie protégés par le fait que ce ne sont pas seulement des banques d'affaires, comme Lehman Brothers, car l'essentiel de leur activité est liée aux particuliers et aux entreprises» explique à «20 Minutes» Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France. Etre une banque de dépôt permet de garder une base de financement stable», ce qui manque en ce moment aux géants de Wall Street.
Deuxième raison, les banques françaises assurent avoir peu prêté à Lehman Brothers, dont la dette atteint 613 milliards de dollars. Les montants et risques encourus se situent entre 50 millions d'euros (groupe Caisse d'Epargne) et 500 millions d'euros (la banque franco-belge Dexia). Les banques qui ont le plus prêté voient par ailleurs leurs créances garanties par des actifs que Lehman leur a apportés en gage et qui les protègent en cas de défaillance de la banque américaine.
>> Retrouvez notre dossier sur la faillite de Lehman Brothers
Malgré tout, la débâcle de la banque américaine va notamment entraîner «un renchérissement du crédit dans les semaines qui viennent», a reconnu ce mardi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Cette augmentation des taux d'intérêt aura un effet direct sur la capacité d'emprunt des particuliers comme des entreprises. Et pénalisera les investissements et la consommation, donc la croissance (
lire encadré) et l'emploi. «Le ralentissement économique, s'il se poursuit, aura des effets sur l'emploi et le chômage», a concédé ce mardi la ministre de l'Economie et de l'Emploi, soulignant qu'ils n'étaient pour le moment «ni avérés, ni chiffrables».
Dans ce contexte, le Medef appelle le gouvernement à cesser toute suppression des allègements de charge sur les bas salaires, qui «mettrait en danger de mort des milliers d'entreprises françaises».
C.F. et A.B. (avec agence)
Croissance Selon la Commission européenne, la France devrait connaître une stagnation de son PIB (0,0%) au troisième trimestre puis une croissance de 0,1% au quatrième, après une baisse de 0,3% au deuxième trimestre. La France échappe ainsi de justesse à la récession technique, se caractérisant par deux trimestres consécutifs de recul du Produit intérieur brut (PIB).